De plus en plus de ministères déploient des solutions basées sur les logiciels libres. Une rencontre, première de son genre, organisée par le Ministère des Affaires Générales a établi le 25 juillet 2005 l’état des lieux de l’open source dans les administrations.
Rupture de silence. Pour la première fois un département ministériel, en l’occurrence le Ministère des Affaires Générales a organisé une journée de débat sur les opportunités de déploiement de logiciels et de solutions basées sur l’open source.
La rencontre, qui a été organisée le lundi 25 juillet à l’INPT à Rabat, a rassemblé aussi bien des experts internationaux, des responsables des systèmes d’information de certaines administrations ainsi que des militants actifs du monde du libre au Maroc.
Fait marquant : les témoignages sur les expériences pilotes lancées par certaines administrations notamment le Ministère de la Pêche Maritime (MPM) et celui des Affaires étrangères.
Pour le premier département ministériel, il s’agit d’un cas d’école en matière de la mise en place d’une stratégie interne d’appropriation des logiciels libres. « Aujourd’hui, le MPM a déployé la suite OpenOffice.org environ 60% de son parc de 800 ordinateurs et compte la généraliser avant la fin de l’année », révèle M.Rahmouni Jamal, de la direction des systèmes d’information du ministère.
Entre-temps, l’installation de solutions d’archivages, de traitement d’image et même d’un navigateur web s’est faite en douceur, ajoute-t-il.
Autre expérience pilote, celle initiée par le Ministère des Affaires étrangères à travers le développement d’une solution basée sur l’open source pour la gestion des services consulaires destinés aux trois millions de MRE répartis à travers le monde. « Nous avons choisi le libre pour deux principales raisons : par souci de sécurité et afin de garantir une autonomie au niveau de l’évolution de notre système d’information», soutient M. Aiyar, en charge du projet.
Néanmoins, le développement du libre dans l’administration marocaine est confronté à deux écueils majeurs. Le premier est relatif à la puissance du lobbying des éditeurs propriétaire, en premier lieu la filiale marocaine de Microsoft. Le second facteur de résistance a trait à la nécessité de garder la stabilité du système d’information surtout pour des systèmes de production critiques.
Un comité du libre au Ministère des Finances
Un nouveau tournant dans l’approche de la problématique du libre dans l’administration. L’un des grands ministères, a savoir le ministère des Finances et de la Privatisation vient de créer « un comité du libre ». Cette entité attachée au groupe « cadre stratégique des systèmes d’information (SI)» a une triple vocation, explique Abdelhadi Said de l’Administration des Douanes : encourager la prise de conscience des enjeux de cette nouvelle alternative en matière des SI, unifier les démarches et proposer un maproad.
Les travaux de ce « comité du libre » sont encore dans une phase embryonnaire. Néanmoins, la décision du Ministère des Finances et les initiatives des autres départements ministériels représentent le début de construction de la première brique d’une stratégie gouvernementale en matière du libre.
Pour en savoir plus :
http://linuxmaroc.cjb.net
www.linux-maroc.org
http://tiznit.new.fr
www.amull.org