Le roi du Maroc rend hommage à la médiation américaine

Maroc : Le roi du Maroc rend hommage à la médiation américaine

Posté par mohammed le 20/8/2005 14:14:58 (864 lectures)

TETOUAN, Maroc (AP) - Au lendemain de la libération des 404 derniers prisonniers marocains détenus par le Front Polisario, qui revendique l'indépendance du Sahara-Occidental, le roi Mohammed VI du Maroc a reçu vendredi au palais de Tétouan (nord) le sénateur américain Richard Lugar, émissaire du président George W. Bush, dont les bons offices ont accéléré l'opération.

L'entretien, dont la teneur n'a pas été révélée, s'est déroulé, selon l'agence de presse officielle MAP, en présence du ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération Mohamed Benaissa et de son ministre délégué Taib Fassi Fihri.

Le sénateur Lugar, président de la commission des affaires étrangères du Sénat américain, avait supervisé la veille la remise aux autorités de Rabat des plus anciens prisonniers du monde, dont certains étaient détenus depuis plus de 20 ans dans la région de Tindouf, dans le sud-ouest de l'Algérie.

Les ex-détenus du Polisario sont arrivés jeudi soir à Agadir, dans le sud du Maroc, à bord d'un vol affrété par le département américain de la Défense. Ils avait peu auparavant recouvré leur liberté après un accord entre le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Croissant-Rouge sahraoui.

M. Lugar, qui avait rencontré jeudi matin le président algérien Abdelaziz Bouteflika, s'est également entretenu vendredi avec le Premier ministre marocain Driss Jettou.

"Mon espoir, comme je l'ai dit au Premier ministre, est que cet élan de bonne volonté conduise le Maroc et l'Algérie à revenir aux Nations unies pour trouver un règlement de la question du Sahara-Occidental", a plaidé à cette occasion le sénateur américain, chargé de superviser la libération des prisonniers marocains. "Nous n'avons aucune idée préconçue à ce sujet. Les idées doivent venir des Marocains et des Algériens. Nous espérons que ce sera le cas."

Alger s'est félicité vendredi de ces libérations historiques, saluant à la fois la médiation américaine et l'initiative du Front Polisario, qualifiée de "geste humanitaire de grande portée" par lequel le mouvement indépendantiste "fait preuve d'un sens élevé des responsabilités".

La France, qui comme l'Union européenne n'avait pas été associée à ce processus, s'est réjouie de ce "geste positif", rappelant son "appui à l'action humanitaire que mènent le HCR et le CICR dans le cadre de ce dossier" et son "soutien constant à la recherche d'une solution politique agréée par l'ensemble des parties, dans le cadre des Nations unies".

La presse marocaine a de son côté salué vendredi la libération des 404 prisonniers tout en rejetant la responsabilité de ces "violations des droits humains" sur le Polisario et l'Algérie, qui héberge et soutient ce mouvement indépendantiste.

Le quotidien "Aujourdhui le Maroc" (indépendant) note dans son éditorial que "l'heure des comptes a sonné pour les criminels de guerre du Polisario et de l'armée algérienne, qui ont couvert toutes les exactions au nom d'une cause inventée de toutes pièces".

"Le Matin" estime, lui, que "cette libération parcimonieuse a obéi à un redoutable machiavélisme non dénué d'arrière-pensées politiques" et à "un aveuglement qui mine tous les efforts déployés pour régler ce problème".

Pour sa part, le journal arabophone "Attajdid" (opposition islamiste) titre: "la libération s'est faite sur une décision de l'Algérie et suite à une pression américaine", estimant que "le dossier n'est pas clos pour autant. Il faut poursuivre les efforts pour mettre un terme aux souffrances des séquestrés des camps de Tindouf".

Un cessez-le-feu a été proclamé en 1991 entre le Maroc et le Polisario, qui se disputent la souveraineté sur le Sahara-Occidental, mais l'ONU a échoué jusqu'alors à appliquer un plan de règlement qui accorderait une autonomie provisoire aux habitants du territoire avant l'organisation d'un référendum d'autodétermination. AP

mm/tl

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