Des milliers de personnes, habitants d'Essaouira et visiteurs, Marocains et étrangers, ont pris d'assaut, jeudi soir, la célèbre place Moulay El Hassan pour assister à la cérémonie d'ouverture de la 2e édition du festival jeunes talents gnaoua, initiée à l'occasion du 42e anniversaire de S.M. le Roi Mohammed VI.
Lors de cette soirée d'intense émotion, les mélomanes ont eu l'occasion de découvrir, en plus du patrimoine historique et civilisationnel du Maroc, le grand potentiel et le génie créatif de la jeunesse marocaine, plus particulièrement dans le domaine de la musique gnaoua et fusion.
En effet, de jeunes maâlems gnaouis, ainsi que des groupes musicaux en herbe ou confirmés de la nouvelle tendance "World Maghrébine", encore méconnus du grand public, ont fait étalage de leurs talents démontrant par la même leur disposition à affronter la grande scène avec, en clé de voûte, leur passion de se risquer à des fusions audacieuses.
Le public, de tous âges, a suivi et accompagné parfois en chœur les groupes Lahcen Mhidi d'Essaouira, Ganga fusion (Essaouira), Nabil Ganga Bossou (Casablanca), Hassan Laâroussi (Essaouira) et le groupe world marocaine Tarik Batma de Casablanca.
Agé de 29 ans, Tarik est le dernier né de la famille Batma, qui a écrit plusieurs pages de l'histoire musicale marocaine (Lamchaheb, Nass El Ghiwan, Mesnaoua).
Fidèle au chemin tracé par ses aînés, Tarik Batma qui partage le jeu de la scène avec six musiciens, revalorise la musique traditionnelle marocaine de touches reggae, pop, alternative rock, funk qu'il mélange au chant sahraoui, au rythme gnaoui et à la musique berbère.
Cette manifestation, qui intervient quelques semaines après le célèbre festival des Gnaoua et musiques du monde, est organisée conjointement par la municipalité, la province d'Essaouira, l'association Essaouira-Mogador et la délégation provinciale de la culture.
Le festival se veut, selon ses initiateurs, une occasion pour faire découvrir à des mélomanes de divers horizons une pléiade de jeunes maâlems gnaouis, représentant plusieurs villes du Royaume, en premier lieu Essaouira.
Peu avant le début de cette soirée musicale, et dans des allocutions de circonstance, divers intervenants ont souligné que cette manifestation qui coïncide avec la célébration du 52e anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple sera marquée par l'hommage posthume qui sera rendu à feu Amine Belcadi, ex-gouverneur d'Essaouira et l'un des initiateurs du festival Gnawa et musiques du monde.
L'implication des jeunes dans le champ culturel et artistique national, tout en restant ouverts sur les autres cultures, ne peut que renforcer davantage leur attachement aux valeurs de fraternité, de solidarité et de tolérance et leur persévérance sur la voie de la recherche et de la créativité, ont-ils indiqué.
Ils ont aussi relevé que le festival des jeunes talents gnaoua, fort de la réussite de sa première édition, ambitionne l'encouragement des jeunes des différentes régions du Royaume à développer leur savoir-faire et à préserver ce patrimoine authentique.
Figurent au programme de cette édition, quelque 17 concerts en plein air et trois concerts acoustiques, dont les recettes seront consacrées à la restauration de la zaouïa des gnaoua d'Essaouira, unique en son genre au Maroc.
Soucieux de donner une dimension patrimoniale, culturelle et pédagogique à cet événement, les organisateurs proposent également quatre ateliers portant sur l'écriture de chansons, les métiers de la scène, la percussion et la musique gnaouie, en plus d'une table-ronde sur le phénomène World Maghrébine.
Le festival prévoit également l'attribution de trois prix (prix maâlem Sam, maâlem Boubker et maâlem Hajjoub) aux meilleurs jeunes talents gnaoua. Le titulaire du premier prix sera invité à jouer au festival Gnaoua et musiques du monde 2006.
La cérémonie d'ouverture de cette 2e édition du festival s'est déroulée notamment en présence du gouverneur de la province d'Essaouira, M. Abdeslem Bikrat, qui a inauguré à cette occasion une exposition de photographies de feu Amine Belcadi.
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