Médecins sans Frontières affirme avoir localisé 500 immigrants abandonnés par la police marocaine dans le désert du Sud du Maroc, après avoir été expulsés des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla (Nord du Maroc).
MSF constate "une fois de plus que les immigrants sont victimes de violences des polices espagnole et marocaine". "Selon le récit des immigrants, la police marocaine les a conduit en bus et en camions jusqu'à cette zone, située à 600 km au sud d'Oujda (...) après leur expulsion par la garde civile depuis Ceuta et Melilla", indique l'ONG dans un communiqué, qui affirme également avoir soigné plus de 50 personnes qui présentaient des "blessures et contusions produites lors de chutes comme conséquences des assauts sur les grillages de Ceuta et Melilla" mais aussi par "des balles de caoutchouc et des coups". 6 personnes ont été hospitalisé
Plusieurs organisations ont fait état de témoignages selon lesquels les forces de l'ordre espagnoles expulsaient en toute illégalité vers le Maroc des émigrants qui parvenaient jusqu'à Ceuta et Melilla. Sur la base de témoignages directs, l'ONG espagnole SOS Racismo affirme que "depuis quelques semaines" d'autres immigrants sont également déplacés à la frontière avec la Mauritanie.
Selon les témoignages, les immigrants sont abandonnés à 30 km à l'est d'El Aouina-Souatar, tout près de la frontière avec l'Algérie, dans une "zone désertique, au milieu de nulle part, sans accès à l'eau ni nourriture". MSF estime que "la restitution des immigrants, telle que l'ont décidée l'Espagne et le Maroc, vers un pays qui n'a pas de capacités minimales d'accueil, viole l'article 3 de la Convention contre la Torture".