TUNIS (AP) -- C'est sur un air de revanche que se jouera samedi soir la rencontre entre la Tunisie et le Maroc, un match décisif, placé sous le signe de "l'incertitude" et "sous haute tension", qui désignera le représentant du Maghreb à la phase finale de la coupe du monde qui aura lieu en juin 2006 en Allemagne.
La rencontre qui suscite un engouement populaire exceptionnel, se jouera à guichets fermés devant près de 60.000 spectateurs au stade de Radès, dans la proche banlieue de Tunis. Ce même stade avait vu les Aigles de Carthage damer le pion aux Lions de l'Atlas (2-1) lors de la finale de la coupe d'Afrique des nations (CAN) 2004.
Un match nul suffira au bonheur des Tunisiens qui, premiers de leur groupe avec 20 points, partiront avec l'avantage d'un point sur leur adversaire du jour. En cas de qualification, les Tunisiens disputeraient leur quatrième Mondial et le troisième consécutif.
L'entraîneur français Roger Lemerre vient de rentrer avec ses troupes d'un stage de préparation à Chantilly, en France, où, se félicite-t-il, "tout s'est parfaitement passé". Il n'y va pas par quatre chemins. "On va jouer certainement pour aller en Allemagne", a-t-il assuré vendredi lors d'une conférence de presse à Hammamet, une station balnéaire à 70km de Tunis, où le Onze tunisien a pris l'habitude de se concentrer avant ses rencontres officielles.
Le sélectionneur de l'équipe de Tunisie s'attend à un match "très dur" pour les deux formations. "Il ne faut pas se tromper d'objectif: il s'agit de jouer sans calcul, l'intelligence fera la différence", analyse le coach français en se targuant d'avoir mis sur pied en trois ans "une équipe solide et très forte".
Tout en soulignant la "grande incertitude" qui plane sur le sort de ce derby maghrébin, l'ancien patron des Bleus met en garde ses joueurs contre "la moindre faute qui aurait des conséquences énormes pendant la rencontre".
Tout comme Karim Hagui, le jeune défenseur en forme du RC Strasbourg, le milieu tunisien Adel Chédli (Birmingham) en est conscient. Il prône "la vigilance" face à des Marocains qui, n'ayant rien à perdre et tout à gagner, joueront sans pression. "On est prêt physiquement et mentalement pour gérer le match comme nous l'a enseigné Roger Lemerre, un entraîneur fantastique qui a beaucoup apporté à l'équipe de Tunisie", assure-t-il.
Vu l'importance de l'enjeu, la FIFA a dépêché à Tunis le responsables des questions médiatiques, Mick Michels, et le chef du service de sécurité de la fédération internationale, Walter Gagg.
Tout en se refusant de classer ce Tunisie-Maroc dans la catégorie des matches à risque, voire à haut risque, M. Michels a déclaré à l'Associated Press qu'il s'agissait pour les délégués de la FIFA de "prendre toutes les mesures préventives avant, pendant et après la rencontre", eu égard à la "haute tension" qui préside à cette rencontre. AP