Les prostituées marocaines en France

Société : Les prostituées marocaines en France

Posté par lakil le 18/10/2005 22:12:49 (7650 lectures)

Des réseaux de prostitution de filles marocaines ontélu place en France. Ces filles publiques, blasées et sans ressourcessont en général issues de milieux pauvres, Elles ont déjà eu desantécédants au Maroc avant d'aller se prostituer outre mer. -Par Mustapha TOSSA

Il y a la légende qui veut que par un matin froid de novembre 93,descendit d'un bus anonyme des voyageurs aux portes de Paris, une jeunefille potelée comme une pêche, les cheveux teintés d'une couleur blondebon marché, le regard hésitant qui trahit ses 22 ans. Avant de héler untaxi, elle prit soin de se faire composer un numéro de téléphone. Aubout du fil, elle entendit un cri de joie à la fois endormi, mais bienféminin. Puis il y a la réalité, Malika est originaire d'un douar aunom imprononçable dans la banlieue de Casablanca. Après avoir connutrès tôt les cafés chics de la ville et les hôtels cinq étoiles, une deses fréquentations lui susurra dans l'oreille qu'avec vingt millefrancs français, sans passeport, sans visa, elle pourrait se retrouverà Paris où les affaires sont plus florissantes. Pour la convaincre, onlui cita des exemples de réussite», telle patronne d'unecélèbre pâtisserie, d'un enviable salon de coiffure, d'un réputélotissement trop bien placé pour être invisible.

La fausse blonde

Malika voyagea à côté du chauffeur qui la couvait de ses yeuxgourmands, lui lançant de temps en temps, à voix basse, desplaisanteries salaces, histoire de détendre l'atmosphère. C'est ainsique sur fond de musique populaire marocaine (un mélange de sheikhate dechâabi et de Raï), le trajet se passa sans incident. Comme parenchantement , aucun garde frontière, aucun douanier, ni Marocain, niEspagnol, ni Français, ne songea à demander ses papiers à cette fausseblonde au regard ténébreux.

Malika commença l'exercice de son métier parisien dans les night-cluborientaux de la capitale. Les affaires marchaient si bien qu'il étaitrare qu'elle soit obligée de passer la nuit dans la minuscule chambrede bonne que son amie louait dans le 16ème arrondissement. Son premiercontact avec les autorités françaises dût arriver quelques mois plustard. Alors qu'elle opérait dans un petit hôtel de la périphérie d'unecélèbre chaîne hôtelière (Campagnile), une descente de policeimpromptue : vérification d'identité, papiers déclarés perdus... À lagrande surprise de Malika, la police se contenta d'établir une fiche derenseignements sur la foi d'informations qu'elle-même a données, uneprise d'empreintes et elle est relâchée. Entre-temps, Malika a ouvertun compte dans une banque marocaine qu'elle alimente presquequotidiennement.

Aïcha peut faire l'économie des tracasseries de la clandestinité. Elleest arrivée en France par un circuit classique d'étudiant poureffectuer un troisième cycle dans une obscure discipline. Cheveux noirstrès longs, la taille amincie par des années de privations volontaires,le regard pétillant, si elle remplaçait Souad Hamidou dans les sériespolicières françaises, on n'y verrait que du feu. Après des étudessuspendues et éternellement recommencées, elle épouse un vieux françaisà la retraite dont elle divorce le temps d'accéder à la nationalitéfrançaise. Aïcha fréquente exclusivement le milieu arabe de Paris etplus particulièrement oriental. Elle parle le libanais, le saoudien etl'égyptien avec une aisance déconcertante, comme une vraie polyglotte.Les proies de prédilection sont particulièrement les gens du Golfe surlesquels elle sent exercer un magnétisme certain. Elle travaille pourun proxénète tunisien pour qui, semble-t-il, du temps où ellefréquentait le campus universitaire, le coup de foudre était immédiat.Lui, se charge de trouver les clients, de fixer les prix qui peuventvarier selon l'immédiateté des besoins et du standing approché et elledu reste. La commission de son proxénète peut atteindre 50%. Aïcha nefréquente pas les endroits chauds de la capitale, ne sort pas, ne sefait pas draguer sur les lieux publics. Elle attend patiemment que letéléphone sonne, que tout soit organisé, pour entrer en scène. Unevraie professionnelle. Récemment, elle a fait venir son jeune frère etlui paie des études coûteuses dans un établissement technique privé.

Aïcha voyage souvent au Caire, à Ryad, à Londres ou à Amsterdam. Teldiplomate arabe, tel prince du pétrole, tel financier oriental,organise une soirée. Le proxénète tunisien se charge de l'inscrire aumenu des réjouissances. Loin de ces cimes, Leïla, figure de piètreouvrière. Ramenée en France par un mari marocain qui travaille à laSNCF (les chemins de fer français) à l'âge de 17 ans dans le cadre deregroupement familial, elle a eu un enfant dès sa première année demariage. Son mari alcoolique la battait, l'enfermait toute la journée àla maison de peur d'être trompé. Un jour, les services sociaux s'ensont mêlés. Elle a obtenu le divorce et la jouissance du domicileconjugal. Le mari, fou de rage et de jalousie sombre dans l'alcoolismemeurtrier et finit par péter les plombs. Il est actuellement enfermédans une prison psychiatrique» avec interdiction formelled'approcher Leïla et son môme.

Leïla, qui baragouine à peine le français, est de ces beautés paysannesdu Maroc avec juste ce qu'il faut de vulgarité pour pimenter un rapportet réveiller les fantasmes et juste ce qu'il faut de docilité pourexciter une envie dominatrice. Leïla ne travaille pas pour un mac maispour une marquerelle marocaine d'une cinquantaine d'année qui a sesquartiers à la porte-de clichy au nord de Paris. C'est cette femme qui,un jour, l'a rencontrée dans un hammam et qui l'a initié à ce métierrentable en la sortant des interminables heures de ménage qu'ellefaisait en noir.

Leïla est devenue une nature prédatrice, le genre de femme qui al'illade fatale. On la voit souvent attablée à longueur de journée dansles cafés chics des champs-Elysées, fréquentées par une clientèle detouristes soucieuse de lever la lièvre rapidement. De son village duMoyen-Atlas, Leïla a gardé la démarche faussement fière, maisterriblement sensuelle. Certes, elle a appris à s'habiller et à semaquiller mais a conservé malgré elle cette maladresse à vouloirabsolument mouler un corps, habitué aux largesses du Kaftan, dans untailleur Chanel. Et si c'étaient ces contrastes involontaires qui larendaient dangereusement efficace?

La prostitution marocaine est devenue ces derniers temps une rubriqueobligatoire du charme parisien. Que seraient les champs Élysées sansces dizaines de filles basanées agglutinées autour des tables du Madrigal» ou du Deauville» à coquette comme despoules et à jeter des regards incendiaires aux alentours? Que seraientles grands hôtels de Paris sans que, dans la lumière tamisée des Bars,le regard lourd d'une brune à la poitrine généreuse, ne vienne clouerau sol un quinquagénaire aux cheveux grisonnants et à la respirationdifficile?

Proxénitisme

Il est impossible de chiffrer le nombre de filles marocaines quitravaillent dans ce milieu ni de dire par quel miracle elles passentles frontières. Il est clair que beaucoup d'entre elles appartiennent àdes réseaux structurés et protégés, susceptibles de leur offrir uneparfaite mobilité et de leur garantir une sécurité. Il n'est pas rareque lors d'une réception mondaine, un banquier ne se penche, sur votreépaule pour vous murmurer à l'oreille en gémissant heureusement qu'il y a les prostituées pour renflouer les«caisses», en vous faisant jurer de ne le répéter à personne. C'est unelapalissade que de dire que ce milieu brasse énormément d'argent. Lesrabatteurs marocains qui s'y activent et dont on tait les noms parpudeur ont des fortunes diverses. On les trouve papillonnant dans lesmilieux de la banque, de la diplomatie ou des relations publiques.

Le milieu de la prostitution partage avec celui du trafic de drogue oude l'activisme islamiste les mêmes règles de fonctionnement. Une arméede travailleuses laborieuses au service d'une ou d'un caïd. Souvent cesmondes s'entrechoquent au point où souvent l'un instrumentalise lesfruits de l'autre. En évoquant le sujet-tabou du Sida, n'importe quelleprostituée marocaine peut vous jurer devant les Dieux de l'Olympe quela préservation est de rigueur.

Sans doute est-ce vrai pour beaucoup, mais devant la terribleconcurrence, avec l'arrivée sur le marché de nouvelles recrues souventmal informées tant elles commenceront à exercer ce métier de plus enplus jeunes, il est permis de s'interroger et même de s'inquiéter.Comme le 13ème arrondissement de Paris ne peut être imaginé sans sapopulation asiatique, Paris entière ne peut être imaginée sans sesprostituées marocaines. Comme si, dans la géographie des activités marginaleset illicites, tandis que certaines communautés monopolisent le traficdes drogues dures, d'autres, le gangstérisme et le racket, lesMarocaines se sont accaparées celui de la prostitution. L'explicationsimpliste voudrait dicter le justificatif de la crise économique quetraverse le Maroc. Il y est certes pour quelques chose mais n'expliquepas à lui seul la totale domination des Marocaines de ce marché. Ya-t-il autre chose?

source: toxicoquebec.com

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