Le Maroc reste indemne de la grippe aviaire

Maroc :  Le Maroc reste indemne de la grippe aviaire

Posté par lakil le 27/10/2005 23:47:20 (537 lectures)

«Grâce à la vigilance des autorités concernées, aucun foyer de l'influenza aviaire n'a été déclaré à ce jour au Maroc», a indiqué Moha Marghi, secrétaire général du ministère de l'Agriculture, du Développement rural et des Pêches maritimes, lors d'une conférence de presse organisée à Casablanca par la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA). M. Marghi a tenu à préciser que «le Royaume est indemne et de ce fait le cheptel avicole national est sain, hygiénique et propre à la consommation».


L'avènement de la maladie de l'influenza aviaire dans certains pays asiatiques puis européens a suscité plusieurs craintes auprès de l'opinion publique nationale et des professionnels. Les autorités concernées notamment les ministères de l'Agriculture, de la Santé, les Associations des vétérinaires et la FISA se sont mobilisées pour prendre les mesures nécessaires et rassurer les citoyens et les consommateurs.

«Il est question de faire face à toute introduction de l'épizootie au Maroc», et il a précisé que «son département a renforcé la mobilisation du comité national de vigilance qui a été créé en 2004».

Hamid Benallou, directeur de l'élevage au sein du ministère de l'Agriculture, a rappelé que «ce comité est chargé de suivre et d'évaluer les développements de la situation sanitaire internationale, de maintenir une veille sanitaire, permanente et rapprochée au niveau national et d'enclencher les mesures de lutte contre l'influenza au cas où elle venait à se déclarer dans le pays».
Tous les intervenants présents à la conférence sont unanimes pour affirmer qu'il faut bien communiquer et présenter la réalité des choses.

Youssef Alaoui, président de la FISA, a affirmé dans ce cadre que «la large médiatisation de la maladie de l'influenza aviaire a suscité une psychose non fondée chez le consommateur non averti».

Il a insisté sur le fait que «les aviculteurs, en contact permanent avec les volailles, continuent à exercer leur activité normalement, en toute confiance et sans aucune crainte pour leur santé et celle de leur famille». Le président de la FISA a reconnu toutefois qu'«il y a eu baisse des prix des produits avicoles en cette période de ramadan due essentiellement à l'excès de l'offre par rapport à la demande».

«En effet, le marché a été largement desservi par les produits avicoles avec une offre de près de 6,5 millions de tonnes alors qu'en 2004 l'offre ne dépassait pas les 5 millions de tonnes», a expliqué M. Alaoui.

M. Benallou a aussi indiqué que «la prolifération de la grippe aviaire au niveau international est favorisée par le mouvement des oiseaux migrateurs». Il a, en revanche, souligné qu'au «Maroc, l'absence d'élevages intensifs de palmipèdes (oies canards…) et de porcs, réduit considérablement les risques de transmission du virus entre les oiseaux migrateurs et les élevages avicoles».

M. Marghi a appelé les consommateurs «à faire confiance aux services de contrôles concernés et aussi aux mesures prises». «Le secteur avicole, a-t-il indiqué, a connu une amélioration favorable en matière de la production surtout le volet hygiène et sécurité».

Par ailleurs, plusieurs scientifiques et autres vétérinaires présents lors de cette conférence ont tenu à préciser que «la transmission du virus d'homme à homme est aujourd'hui inexistante et ne peut se manifester que dans le cas d'une éventuelle mutation du virus».
Dans ce sens, il est scientifiquement confirmé que la consommation des viandes volailles et œufs ne constitue aucun danger pour la santé du consommateur.
En effet, le virus ne saurait résister au-delà d'une cuisson de 5 minutes à 60°c et au pH acide de l'estomac.
Il est à signaler que l'aviculture est une activité rurale, son développement est au centre des préoccupations de toutes les politiques économiques mises en œuvre dans le pays. Son importance vient du fait que le secteur crée une masse importante d'emplois avec près de 236.000 postes et réalise un chiffre d'affaires de 12,8 milliards de DH des investissements cumulés de près de 6,3 milliards de DH. Sur le plan alimentaire, les produits avicoles représentent 52% de la consommation totale de toutes viandes confondues.

Signature d'une convention pour renforcer la surveillance de l'état sanitaire du cheptel avicole
Une convention relative au renforcement des mécanismes de surveillance de l'état sanitaire du cheptel avicole au Maroc a été signée, mercredi soir à Casablanca, entre la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA) et l'Observatoire épidémiologique national en aviculture (OENA).
En vertu de ce partenariat, les signataires s'engagent à produire et échanger les informations entre eux et à favoriser la concertation entre les partenaires de l'OENA sur la situation épidémiologique.

Cet accord souligne également la nécessité d'échanger les informations épidémiologiques de l'Observatoire avec des structures étrangères analogues et les organismes nationaux et internationaux et d'entreprendre des actions médiatiques après accord du comité de communication pour informer le grand public sur tous les aspects en relation avec l'état sanitaire du cheptel national.
Ce comité de communication peut faire appel à d'autres structures ou personnes ressources en cas de besoin.

Les partenaires ont aussi convenu de recueillir et traiter les informations épidémiologiques émanant de ses acteurs, d'élaborer et diffuser un bulletin trimestriel et un rapport annuel de synthèse sur l'état sanitaire du secteur avicole. Utiliser les informations de l'OENA à des fins strictement techniques et non commerciales, assister la FISA dans ses communications à caractère scientifique et assurer un suivi et une évaluation biannuelle des activités de l'OENA sont des objectifs qui figurent également parmi les dispositions de la convention.

L'Observatoire épidémiologique national en aviculture a été créé en février 2001 par la Direction de l'élevage, l'Institut agronomique et vétérinaire Hassan II et l'Association marocaine de pathologie aviaire.




Charaf Jaidani | LE MATIN

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