Le Maroc accueillera en 2006 : une conférence Afrique- UE sur l'immigration

Maroc : Le Maroc accueillera en 2006 : une conférence Afrique- UE sur l'immigration

Posté par lakil le 5/12/2005 22:17:51 (543 lectures)

Rencontre singulière, hier à Rabat, entre la ministre française chargée des Affaires européennes, Catherine Colonna, le secrétaire d'Etat espagnol également en charge des Affaires étrangères, Alberto Navarro et le ministre délégué aux Affaires étrangères et à la Coopération, Taïb Fassi Fihri. Une rencontre qui se tient une semaine seulement, après la fin du sommet de Barcelone et que la ministre française veut porteuse d'une signification politique.

Celle de «l'attachement» de la France et de l'Espagne au renforcement des relations de l'Europe avec le Maroc. L'idée centrale soutenue par les deux ministres lors de leur visite est de travailler le projet d'un statut avancé du Maroc au sein de l'Union européenne. La politique de voisinage, qui connaît un début d'application avec la signature, la semaine dernière, de contrats de jumelages, en est le prélude.

«Il est possible de nourrir une relation spécifique qui correspond aux vœux du Maroc», a dit Mme Colonna lors d'une conférence de presse donnée, hier à Rabat, à l'issue d'une séance marathonienne de travaux. Trois dossiers centraux étaient au menu de la réunion tenue au siège du ministère des Affaires étrangères : L'évaluation des travaux du sommet de Barcelone, les perspectives des relations maroco-européennes et le projet de la réunion ministérielle sur la question migratoire. Un consensus et une convergence des points de vue, relevés par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération auraient marquée cette séance de travail au sujet des trois questions abordées.

L'appui des trois pays est ainsi acquis aux conclusions du sommet de Barcelone ainsi que le «réengagement d'évoluer dans le sens des stratégies adoptées tant au niveau politique, économique que sécuritaire». Les perspectives des relations du Maroc avec l'Union européenne seraient également prometteuses et pour cause, le dialogue politique est sans cesse renforcé avec le Royaume.

«Le Maroc est le pays le plus européen de la rive sud de la Méditerranée», a déclaré le secrétaire d'Etat espagnol. Et enfin, l'idée initiée par le Maroc et qui a immédiatement acquis l'adhésion de l'Espagne et de la France au sujet d'une conférence ministérielle sur la migration devant aboutir à une vision globale sur la question prend aujourd'hui la forme d'un projet. La rencontre devrait se dérouler l'été prochain au Maroc et réunir les ministres des 15 pays de l'UE et des pays partenaires de la rive sud de la Méditerranée.

La question migratoire était par ailleurs au centre de la réunion tripartite d'hier. L'évaluation devait ainsi être faite des actions à mettre en œuvre dans le cadre du Plan d'action quinquennal sur les migrations sorti du sommet de Barcelone. Une feuille de route pour les 5 ans à venir, soulignant des priorités, est ainsi mise en place.

La négociation au niveau agricole, mais aussi sur le plan commercial et de service, devant s'ouvrir l'année prochaine, est au cœur des préoccupations de Rabat. Le Maroc n'hésite pas aujourd'hui à dire ses appréhensions et à faire part de ses exigences face à des partenaires qui lui sont liés par l'intérêt comme par le destin. «L'avenir de l'Europe, sa stabilité et sa prospérité se jouent en partie dans sa relation avec le Maroc.

Ils sont, de fait, liés à l'avenir, la stabilité et la prospérité du Royaume». Une conviction partagée entre Mme Colonna et M. Navaro. Ce dernier s'appuie sur l'expérience de son pays, l'Espagne, qui fêtera dans les semaines qui viennent deux décennies d'adhésion à l'UE, pour plaider en faveur d'un rapprochement bénéfique, à ses yeux, entre le Maroc et l'Union.

Au-delà de réaffirmer ces convictions, les deux responsables politiques qui étaient hier à Rabat devaient réfléchir aux modalités précises devant donner corps au statut avancé du Maroc au sein de l'UE.

L'implication du Maroc dans un certain nombre d'actions au niveau de l'Europe se veut un premier atout pour la concrétisation de ce projet. Le Maroc est, en effet, présent au sein de nombre d'organisations et agences européennes, soulignait M. Navarro qui citait pour exemple l'action du Maroc en faveur de la paix en Bosnie-Herzégovine et en Haïti.

Mais un statut avancé du Maroc suppose des engagements de la part du pays. Celui notamment d'une mise à niveau de son économie et de ses instruments juridiques et administratifs. Ils convient de coller aux standards européens.

Le Maroc entend, pour ce faire, engager des d'autres réformes économiques devant compléter l'arsenal mis en place. «Ce n'est pas pour plaire à l'Union européenne, mais c'est dans notre intérêt», a déclaré M. Fassi Fihri. L'échéance, en effet, approche à toute vitesse du démantèlement des frontières douanières dans la zone euro-méditerranéenne.


Khadija Ridouane | LE MATIN

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