PARIS (AP) - Jacques Chirac a réaffirmé solennellement samedi qu'il n'y avait "aucun danger à consommer de la volaille et des oeufs" dans le contexte actuel de l'épizootie de grippe aviaire.
Le chef de l'Etat, qui s'exprimait à l'issue d'une réunion avec des vétérinaires et des représentant de la filière avicole au Salon international de l'agriculture, a jugé "totalement injustifiée (...) la panique qui se développe parmi le consommateurs.
"Il ne faut pas tomber dans l'excès. L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments, qui est l'organisme compétent, rappelle régulièrement de la façon la plus formelle qu'il n'y a aucun danger pour les Français et pour les Européens à manger de la volaille ou des oeufs", a souligné M. Chirac.
"En toute hypothèse, a-t-il ajouté, le virus en question, dans la mesure où il serait avéré, est détruit automatiquement à la cuisson. Donc, il n'y a strictement aucun danger. Et on voit se développer - avec les conséquences économiques et sociales que cela comporte - une espèce de panique totalement injustifiée. J'appelle solennellement, notamment ceux qui ont pour vocation d'informer, c'est-à-dire les médias, à bien souligner qu'il n'y a pas de danger."
Le président de la République a insisté par ailleurs sur la nécessité d'une "solidarité nationale" avec la filière avicole "profondément touchée et perturbée" par la crise. Il a rappelé que le gouvernement avait débloqué une aide de 63 millions d'euros en faveur de la filière.
Le Premier ministre Dominique de Villepin a annoncé jeudi une aide de 52 millions s'ajoutant aux 11 millions annoncés précédemment par le gouvernement.
Jacques Chirac, qui a fait cette déclaration en inaugurant le Salon international de l'agriculture, a salué à cet égard la parfaite coopération sur le plan technique entre les responsables de la filière, les vétérinaires et l'Etat. Accompagné du ministre de l'Agriculture Dominique Bussereau, il s'était isolé dès son arrivée, vers 8h30, pour une rencontre avec trois vétérinaires et trois représentants de la filière avicole qui connaît une chute notable de ses ventes.
Le chef de l'Etat a mangé au moins à deux reprises de la volaille lors de son passage au stand du centre d'information des viandes et à celui de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles). Il a répété qu'il n'y avait "aucun danger ni inconvénient à manger de la volaille".
Jacques Chirac a déploré l'emballement médiatique après l'annonce des premiers cas de grippe aviaire en France et a demandé aux responsables de la presse de "dire la vérité aux Français". "On n'a pas intérêt à provoquer une espèce de psychose, d'affolement, c'est tout à fait scandaleux", a-t-il déclaré.
Le président de la République devait rencontrer à la fin de sa visite le commissaire européen au commerce Peter Mandelson, lui aussi présent au Salon.