Commerce: l'UE souhaite une plus grande intégration des pays méditerranéens

Economie : Commerce: l'UE souhaite une plus grande intégration des pays méditerranéens

Posté par krachid le 28/3/2006 14:10:43 (438 lectures)

BRUXELLES (AFP) - L'Union européenne saisira l'occasion de la 5ème conférence des ministres du Commerce de l'Euromed) , vendredi à Marrakech (Maroc), pour pousser à une plus forte intégration entre pays de la rive sud de la Méditerranée, gage de stabilité politique et économique dans la région.
Le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson, qui sera présent à Marrakech avec les ministres du Commerce des Etats membres, a rappelé que l'objectif numéro un de ce processus était la création en 2010 d'une zone de libre-échange entre les 25 et leurs dix partenaires riverains de la Méditerranée, du Maroc à la Turquie.

"C'est tout à fait réalisable, en tout cas certainement le plus gros de l'accord", a-t-il confié à quelques journalistes. "Mais l'autre objectif commercial, c'est une plus forte intégration entre les pays du sud de la Méditerranée eux-mêmes", a-t-il dit, en regrettant que cette partie du monde soit de ce point de vue très en retard sur d'autres régions.

"Ils y perdent en échanges commerciaux, en croissance économique et en intégration", a-t-il estimé. Le commerce intrarégional ne représente actuellement que 15% du total des échanges de la région.

Le commerce n'est que l'une des corbeilles du processus dit de Barcelone, qui associe l'UE à ses voisins méditerranéens, et dont le 10e anniversaire a été célébré dans la capitale catalane à l'automne dernier.

"C'est une politique destinée à stabiliser une région qui nous est très proche", rappelle un responsable européen.

Soutenus par un désarmement tarifaire progressif, les échanges entre les deux rives de la "Grande Bleue" ont connu une croissance régulière. En 2004, l'UE était le plus important partenaire commercial des pays méditerranéens, comptant pour environ 45% de leurs exportations (soit quelque 40 milliards d'euros) comme de leurs importations (42 mds d'euros).

Mais ces dix pays rassemblant plus de 175 millions d'habitants, et dont la croissance s'est fortement redressée depuis 2001, pèsent pour 5% seulement des échanges extérieurs de l'UE.

A Marrakech, les Européens plaideront notamment pour un développement des échanges de services, un secteur qui représente 70% du PIB en Jordanie et au Liban, 60% en Tunisie, 50% en Egypte, au Maroc et en Syrie.

L'UE estime que le potentiel de développement à l'échelle de l'Euromed est considérable et ses responsables citent des études de la Banque Mondiale qui indiquent que la libéralisation des services augmenterait de 13% le PIB égyptien, de 21% si elle s'accompagnait d'un accès ouvert aux marchés européens.

Les Européens plaident aussi pour une libéralisation des régimes d'investissement chez leurs voisins de la rive Sud, en notant que depuis 2000 ils n'ont attiré que 1% en moyenne des flux européens d'investissement direct étranger.

Un autre dossier sensible est celui du textile, les producteurs de Tunisie et du Maroc, où ce secteur pèse très lourd dans l'activité industrielle, ayant souffert depuis janvier 2005 d'une concurrence chinoise renforcée par la fin des quotas textiles.

M. Mandelson reste attaché à l'idée "de transformer l'ensemble du bassin méditerranéen en une usine unique" dans le secteur textile, afin d'aider les industriels des deux rives à affronter la concurrence asiatique.

L'UE et ses partenaires sont ainsi en train de mettre en place la consolidation régionale des règles d'origine à l'échelle de l'Euromed, qui fera qu'une pièce de tissu marocaine pourra être coupée en Tunisie, finie en Turquie et exportée vers l'UE à un tarif douanier préférentiel.

L'UE a par ailleurs créé un forum pour aider les producteurs méditerranéens à diversifier leurs méthodes de fabrication et à augmenter la qualité de leurs produits textiles.

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