Sahara marocain : Fin d'une étape ?

Art et Culture : Sahara marocain : Fin d'une étape ?

Posté par lakil le 26/4/2006 21:24:58 (478 lectures)

L'Algérie a officiellement rendu publique sa réponse au dernier rapport du secrétaire général des Nations unies sur l'affaire du Sahara. La presse algérienne qui s'en fait l'écho, lance tous les noirs qualificatifs au machin, et surtout à son S.G. Ce rapport, selon eux, ne reflète en aucun cas la légalité internationale qui devrait prévaloir dans le conflit du Sahara. Bizarre, l'on s'acharne sur la mise en oeuvre des recommandations des Nations unies, mais une fois cela ne satisfait pas leurs ambitions et leurs rêves ainsi que leurs thèses hégémoniques, les décideurs d'Alger recourent à l'artillerie lourde. On accuse, de manière implicite, le S.G d'avoir failli à la mission des Nations unies. Seule l'Algérie l'a su, celle-là.



Alger estime ainsi que ce rapport aurait failli à une certaine pratique, ou plutôt habitude. Pour la presse algérienne, elle est unanime quant aux propensions de ce rapport «dont les premières lectures suggèrent un appui à peine déguisé aux thèses annexionnistes marocaines». Bref et sans pour autant atteindre la violence verbale et l'absence coutumière de politesse et de bienséance du chef des séparatistes, les décideurs d'Al Mouradia attaquent frontalement Kofi Annan.

Pour essayer de pallier cette situation, le ministre algérien des Affaires étrangères, et de surcroît célèbre professeur du droit international, Mohamed Bejjaoui, s'est entretenu avec M. Annan. Le socle de cette thèse algérienne obsolète n'est autre que le fait qu'il s'agit d'une question de décolonisation relevant du champ d'application de la résolution 1514 (XV), d'où «toute autre approche, qui aurait pour objet de priver ce peuple de l'exercice de ce droit imprescriptible, constituerait une violation grave du droit international». Ces propos, assez viellots d'ailleurs, qui figurent dans la réplique officielle, venue sous forme de lettre adressée par l'ambassadeur représentant permanent de l'Algérie auprès des Nations unies, ne laissaient aucun doute sur les touches de M. Bejjaoui. Le style c'est l'Homme, disait Buffon. Et même si on chasse le naturel, il revient au galop.

Mais, là où l'on décèle des contradictions, c'est quand cette lettre nous fait savoir que «l'Algérie regrette que sa position sur la question, exprimée dans une lettre adressée par le Président de la République au Secrétaire Général, n'ait pas été, comme c'est la pratique, reflétée dans le rapport du secrétaire général».

Enfin, obligées, les autorités algériennes dévoilent leur carte atout. Jusqu'aux dernières déclarations des Belkhadem et Bejjaoui et même dans la lettre adressée à Annan, Alger se déclare comme partie non prenante à ce conflit et se dit uniquement un pays qui serait soucieux de la stabilité dans la région. «En sa qualité d'Etat soucieux du respect de la légalité internationale et de la stabilité de la région, l'Algérie a de tout temps, veillé à soutenir un règlement juste et définitif de la question du Sahara Occidental, en stricte conformité avec les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité et de l'Assemblée générale», pourrait-on lire dans la lettre. La question qui saute immédiatemennt à l'esprit est la suivante: pourquoi un Etat qui se dit non impliqué au conflit, insisterait-il à ce que sa lettre envoyée au S.G de l'Onu soit soulignée dans le rapport?!

Depuis belle lurette, Al Mouradia ne trouvait rien à avancer à ceux qui le conseillaient de négocier directement avec le Maroc que ce conflit ne le concerne qu'indirectement et que sa position reste uniquement conforme au principe au droit des peuples à l'autodétermination. Mais voilà, que subitement il n'en est rien. Dans un rapport sur un conflit soi-disant bipartite, un Etat tiers réclame que la lettre de son président soit reflétée !!!!

Pourtant, il est aussi temps de redire qu'Alger aura tout à gagner dans un Maghreb à cinq, unifié dans ses stratégies de développement et complémentaire dans ses efforts pour parer aux défis, bien comme l'avaient dûment signé les cinq chefs d'Etat du Maghreb à Marrakech lors de la création de l'Union maghrébine en 1991. Ce conflit n'a que trop duré et n'a plus de contexte le justifiant.

source: Liberation

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