Le procès de Saddam Hussein et de ses sept lieutenants, jugés depuis le 19 octobre 2005 à Bagdad pour le massacre de villageois chiites, a repris lundi avec la suite de l'audition des témoins de la défense.
Mercredi, la 28è audience avait été marquée par le témoignage de l'ancien vice-Premier ministre, Tarek Aziz, première personnalité de premier plan à être entendue.
M. Aziz qui apparaissait pour la première fois depuis sa reddition il y a trois ans, a semblé fatigué et vieilli, vêtu d'un T-shirt aux allures de pyjama, mais a vite montré qu'il n'avait rien perdu de sa verve.
M. Aziz faisait référence à la répression menée par les autorités de l'époque contre les habitants du village chiite de Doujaïl où avait eu lieu en 1982 un attentat contre le convoi de Saddam Hussein.
Ce dernier et sept coaccusés sont jugés depuis le 19 octobre 2005 pour leur responsabilité dans l'assassinat en représailles de 148 habitants de cette localité située au nord de Bagdad. Ils plaident non coupable, mais risquent la peine de mort.
M. Aziz a replacé l'attentat dans le contexte politique de la fin des années 1970 et du début des années 1980, évoquant la vive tension entre le régime irakien baassiste et laïque et l'Iran qui voulait exporter sa révolution islamique.
M. Aziz s'en est également pris au parti chiite Dawa de l'actuel Premier ministre Nouri al-Maliki, jugé responsable de l'attentat.
Son témoignage a été appuyé par celui de Abed Hamid Mahmoud, "l'ombre de Saddam", son ancien garde du corps devenu ensuite le chef de son service de sécurité.
Le gendre de Saddam, Louaï Talfah et son demi-frère, Sabaoui al-Tikriti, ont également témoigné.
Au total, ce sont 30 témoins de la défense qui ont déjà été entendus par la cour. Lundi, l'audition des témoins de la défense doit se poursuivre.
Plainte de l'Iran contre Saddam
Le procureur général du tribunal, Jaafar al-Moussaoui, avait indiqué il y a quelques semaines que la défense avait demandé à faire entendre près de 60 témoins.
Le procès devrait s'achever fin juin et le verdict pourrait intervenir au cours de l'été, selon une source américaine qui a requis l'anonymat.
Le sort de l'ancien maître absolu de l'Irak ne semble plus passionner les foules. Ses dernières apparitions devant le Haut tribunal pénal n'ont pas suscité de manifestations comme par le passé, ni des membres de la communauté chiite demandant sa tête, ni de ses anciens fidèles sunnites lui rendant hommage.
Saddam Hussein et six anciens responsables de son régime, dont son cousin Ali Hassan al-Majid, dit "Ali le chimique", sont également accusés de "génocide" pour avoir mené la sanglante opération Anfal contre les Kurdes, qui a fait plus de 100.000 morts dans le nord de l'Irak en 1988.
Aucune date n'a encore été fixée pour ce nouveau procès.
Par ailleurs, l'Iran a déposé une plainte contre Saddam Hussein qu'il accuse d'avoir déclenché la guerre entre les deux pays (1980-88), selon un communiqué commun publié à Bagdad à la suite de la visite du chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki.
Selon ce texte, la plainte doit être soumise au Haut tribunal pénal irakien.
Sur le terrain, trente et une personnes ont été tuées lundi, dont sept dans un attentat dans un quartier chiite à Bagdad, commis après un attentat sanglant au nord de la capitale, selon des sources de sécurité.
Sur le terrain, trente et une personnes ont été tuées, dont sept dans un attentat dans un quartier chiite à Bagdad, commis après un attentat sanglant au nord de la capitale, selon des sources de sécurité.
Plus tôt, 11 personnes ont été tuées dans un attentat contre un bus d'ouvriers lundi matin dans la ville de Khalès, au nord de Bagdad.
Le bus de quarante places a sauté sur une bombe artisanale placée sur la route après avoir quitté la gare routière de Khalès, située à 80 km au nord de Bagdad, avait indiqué une source de la police locale.
AFP