La nouvelle phase de libéralisation dans le secteur des télécommunications au Maroc donnera la priorité au développement de la concurrence dans le fixe, en prévoyant la limitation du nombre des nouveaux entrants, un encadrement de la concurrence sur le transport du trafic international entrant et des délais raisonnables avant d'élargir l'accès à la mobilité, a annoncé, jeudi, Rachid Talbi Alami, ministre délégué chargé des Affaires économiques et générales.
"Le nouveau calendrier de libéralisation (2005-2008) donne la priorité à l'octroi au 1er trimestre de l'année en cours de deux licences de boucles locales par région, dont une au maximum avec option de mobilité restreinte, de deux licences nationales et de deux internationales", a indiqué M. Talbi Alami, dans une allocution prononcée lors de la cérémonie de lancement à Casablanca des licences "Nouvelles générations".
Quant aux autres licences qui seront attribuées dans le cadre de ce calendrier, a-t-il ajouté, elles sont des licences mobiles de troisième génération et des nouvelles licences GMPCS et Vsat, précisant que cette libéralisation vise, à terme, la mise en place d'une compétition élargie sur le marché des télécommunications par satellites et entre trois opérateurs au maximum, y compris les opérateurs en place, sur tous les segments des marchés fixe et mobile terrestres.
Si grâce à la politique "éclairée" de libéralisation des télécoms, le Maroc a connu un développement important des services mobiles et par satellites, a relevé M. Talbi Alami, la poursuite de la politique de libéralisation de ce secteur, par son élargissement à tous les segments des services, devrait à terme engendrer une progression analogue au niveau d'Internet.
Le ministre a fait remarquer que grâce à une concurrence élargie, cette progression permettra la réduction des prix et une meilleure qualité de service pour l'entreprise et le citoyen.
Il a rappelé qu'après la mise en œuvre de la stratégie connue sous le nom "e-Maroc", dont les fondements sont la lettre adressée par S.M. le Roi Mohammed VI au symposium tenu en avril 2001, de nombreux chantiers ont été ouverts, notamment l'actualisation, deux ans plus tard, de cette stratégie pour qu'elle devienne basée sur quatre axes fondamentaux, à savoir le contenu, l'accès, les ressources humaines et l'infrastructure.
A propos des projets développés relatifs à l'administration électronique, M. Talbi Alami a fait état notamment de la rénovation et de la généralisation des portails Internet de l'administration, du portail national et des portails des régions, de l'Internet du gouvernement, de l'observatoire des technologies de l'information dans l'Administration et du portail Internet relatif à une banque de données sur les indicateurs de santé et l'offre de soins au Maroc.
Concernant l'accès, le ministre a souligné qu'un projet ambitieux est en cours de réalisation consistant en l'équipement de chaque école, collège et lycée d'une salle multimédias, expliquant que Barid Al-Maghrib, opérateur historique postal, jouera également un rôle important pour favoriser l'accès des citoyens aux technologies de l'information.
S'agissant des ressources humaines, M. Talbi Alami a cité notamment le Technopark, créé à Casablanca en 2001, qui comprend actuellement plus de 130 entreprises, dont 25 d'entre elles ont été mises sur pied par d'anciens résidents marocains à l'étranger, précisant qu'il s'agit de la plus grande concentration de compétences à l'échelle nationale avec plus de 700 emplois directs.
Le Technopark de Casablanca, a-t-il indiqué, est devenu également une vitrine technologique d'envergure internationale qui participe à la promotion du label Maroc et reçoit la visite de nombreuses délégations étrangères.
Quant au quatrième axe de la stratégie "e-Maroc", le ministre a souligné qu'il concerne le développement des infrastructures des télécommunications qui ne peut se faire, a-t-il estimé, que grâce à l'accélération du processus de libéralisation de ce secteur.
Cette libéralisation engagée, ces dernières années, a permis, selon M. Talbi Alami, une évolution exponentielle du nombre des abonnés, 30 fois plus en 4 ans, ainsi qu'une nette amélioration du taux de couverture de la population qui atteint actuellement près de 95%, tandis que le taux de pénétration de la téléphonie mobile est passé de 1 à 30% en 2004.
Après la libéralisation de Maroc-Telecom par la cession de 51% de son capital et l'introduction de 15% en Bourse reconfigure le paysage des télécommunications au Maroc et consacre son ouverture à l'international, a-t-il dit.
En constatant que la loi 24-96 a démontré certaines limites à la poursuite du processus de libéralisation, cinq ans après sa mise en application, plusieurs modifications ont été introduites, notamment la création d'un service universel alimenté par une participation des opérateurs à hauteur de 2% de leur chiffre d'affaires, la mise en place d'un nouveau mécanisme dans le domaine de la recherche et formation alimenté par une participation des opérateurs à hauteur de 1% de leur chiffre d'affaires (0,75% pour la formation et 0,25% pour la recherche) et un meilleur encadrement de l'exploitation des services à valeur ajoutée.
Le Matin