L'offensive à Gaza un aveu d'échec pour Israël

International : L'offensive à Gaza un aveu d'échec pour Israël

Posté par krachid le 7/7/2006 18:20:00 (667 lectures)

l'heure où les forces israéliennes sont de retour dans la bande de Gaza, la perspective d'un désengagement en Cisjordanie occupée, s'estompe, selon des responsables politiques. L'offensive tous azimuts lancée contre le territoire palestinien par le Premier ministre Ehud Olmert, après le rapt d'un soldat et une pluie de roquettes sur le sud d'Israël, a gravement compromis son plan destiné à fixer la frontière orientale d'Israël, avec ou sans accord des Palestiniens. «Le plan est aujourd'hui au placard.

Il manque aussi bien le soutien international que l'appui de l'opinion en Israël, indispensables à sa réalisation», constate le ministre de l'Habitat Méir Sheetrit du parti Kadima de M. Olmert.
«Il est évident qu'Israël ne peut se retirer de secteurs de Cisjordanie alors que des roquettes tombent sans arrêt et atteignent même la ville d'Ashkelon», au sud de Tel-Aviv, déclare de son côté un haut responsable gouvernemental qui a requis l'anonymat. Selon lui, «du fait de l'incertitude régnant dans la bande de Gaza, le plan de «regroupement» n'est pas à l'ordre du jour et il est improbable qu'il le redevienne alors qu'on va vers une longue confrontation avec les Palestiniens».

Le plan dit de «regroupement» a été élaboré sur la lancée du retrait israélien de la bande de Gaza après 38 ans d'occupation, réalisé sans accroc en septembre 2005 du fait d'une certaine coordination avec l'Autorité palestinienne et un arrêt des tirs palestiniens durant son exécution.

M. Olmert en a fait son cheval de bataille dans la dernière campagne électorale de sorte que la victoire du Kadima aux législatives du 28 mars a pu être interprétée comme un référendum en faveur du plan censé être mis en œuvre durant l'actuelle législature, qui s'achève en 2010.

Le plan vise à un retrait de la plus grande partie de la Cisjordanie -le vague étant maintenu sur son étendue- au démantèlement de dizaines d'implantations isolées et à l'évacuation de quelque 80.000 colons sur 240.000 vivant dans ce territoire palestinien.

Bien qu'il prévoit le maintien des grands blocs de colonies, il est stigmatisé par le lobby des colons et dénoncé par l'opposition de droite pour qui un tel retrait placerait sous la menace de roquettes les grands centres urbains d'Israël et l'aéroport international Ben Gourion près de Tel-Aviv.
Ce type d'argument avait déjà été avancé par le camp ultra nationaliste pour empêcher, sans succès, le retrait unilatéral de Gaza et l'évacuation des 8.000 colons qui y avaient été installés.

Ces prophéties de malheur n'avaient eu alors guère d'effet sur l'opinion.
Mais depuis le retrait de Gaza, les centaines de roquettes qui se sont abattues sur le sud d'Israël sont venues renforcer les thèses nationalistes.

Aussi, la montée au pouvoir du Hamas dans les territoires palestiniens convainquait encore les Israéliens qu'ils n'avaient pas de partenaire pour un accord de paix ou simplement pour un retrait partiel coordonné, vu le refus du mouvement islamiste de reconnaître Israël et son soutien à la lutte armée.

Les brigades Ezzedine Al-Qassam, la branche armée du Hamas, ont revendiqué le tir de roquettes sans précédent mardi au cœur d'Ashkelon, affirmant qu'il s'agissait d'une réponse à l'escalade de l'armée israélienne qui a élargi jeudi son champ d'action dans le secteur nord de Gaza.

"Nous avertissons de nouveau l'ennemi que tout crime qu'il commettrait dans la bande de Gaza ou en Cisjordanie lui entraînera des malheurs", ont-elles affirmé dans un communiqué.

Depuis le déclenchement de l'Intifada en septembre 2000, des centaines de roquettes artisanales ont été tirées sur la ville israélienne de Sdérot, dans le désert du Néguev aux abords immédiats de la bande de Gaza, tuant cinq civils et en blessant des dizaines d'autres.

lematin.ma

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