Une modélisation montre que si le bénéfice d'une telle mesure était confirmé, on pourrait éviter six millions de nouveaux cas d'ici à vingt ans en Afrique sub-saharienne.
LA CIRCONCISION masculine serait-elle un des moyens d'enrayer la pandémie de sida ? Si l'on en croit les résultats modé lisés d'une nouvelle étude publiée dans la revue Plos Medicine datée du 11 juillet et coordonnée par Brian Williams de l'OMS (Organisation mondiale de la santé), cette mesure assez simple au demeurant pourrait éviter en Afrique sub-saharienne dans les vingt prochaines années six millions de nouvelles contami nations dont deux millions d'ici à dix ans. Et empêcher trois millions de décès.
À l'heure où plus de 40 millions de personnes ont déjà été contaminées par le virus du sida et où 25 millions de malades y ont succombé, il est en effet urgent de trouver des moyens simples susceptibles de maîtriser cette catastrophe sanitaire planétaire. Et notamment à l'échelle de l'Afrique sub-saharienne qui regroupe 26 millions des personnes contaminées. Déjà, l'an dernier, une équipe dirigée par Bertran Auvert de l'Inserm, qui cosigne également cette étude, avait démontré pour la première fois que l'ablation du prépuce était capable de réduire de 60% en moyenne la transmission du virus de la femme à l'homme. Ces résultats avaient été obtenus à l'issue d'une étude comparative sur de jeunes volontaires en bonne santé de 18 à 24 ans de la région d'Orange Farm en Afrique du Sud, répartis en deux groupes les uns circoncis au début de l'étude, les autres non. Tous avaient par ailleurs bénéficié d'une information sur la prévention des maladies sexuellement transmissibles et reçu gratuitement des préservatifs. Dès le troisième mois, les chercheurs avaient relevé plus d'infections par le virus VIH dans le deuxième groupe. Et après vingt et un mois de suivi, ils avaient constaté trois fois plus de contaminations chez les non-circoncis (51 contre 18).
En particulier en Afrique du Sud, au Zimbabwe, Botswana, Lesotho, Swaziland où la prédominance du virus est forte mais où la pratique rituelle de la circoncision est faible. Mais cela ne dispensera pas de continuer à adopter des mesures de prévention qui passent en particulier par l'usage correct et constant du préservatif, l'éducation de la population et la facilitation des tests de dépistage