À Cana, des femmes ont enlacé leurs enfants pour les protéger de la mort

International : À Cana, des femmes ont enlacé leurs enfants pour les protéger de la mort

Posté par krachid le 31/7/2006 15:57:34 (879 lectures)


Dix ans après l’opération « Les Raisins de la colère », la fatalité s’abat à nouveau sur le village biblique de Cana. Hier, la localité a encore subi la foudre de l’État hébreu qui semble s’acharner sur les habitants de ce petit village, leur infligeant une malédiction inéluctable.
Une journée effroyable pour les résidents de cette bourgade, qui ont été réveillés par la mort lors d’une attaque matinale déclenchée par l’aviation israélienne. Bilan provisoire : plus de 60 civils libanais, dont une majorité de femmes et une trentaine d’enfants, ont péri dans le pilonnage par les forces israéliennes du village. Quinze enfants, parmi la trentaine, étaient handicapés physiques ou mentaux.

Cana a été totalement dévasté par les frappes israéliennes, qui ont commencé avant l’aube, le pilonnage par air, mer et terre ayant duré deux heures, selon la police. Les cibles se trouvaient dans trois zones, à l’entrée, au centre et sur un flanc du village.
Des dizaines de bâtiments se sont effondrés, et ont été éventrés ou détruits, selon un journaliste de l’AFP.
Il s’agit de la frappe la plus meurtrière depuis le début de l’offensive israélienne au Liban. Cana avait déjà été frappé par une tragédie similaire il y a plus de dix ans, le 18 avril 1996, lorsque 105 civils avaient été tués dans un bombardement israélien lors de l’opération « Raisins de la colère », qui visait déjà le Hezbollah.
Les premiers journalistes dépêchés sur les lieux ont eu droit à un spectacle d’autant plus ahurissant, qu’ils n’avaient pas eu le temps de gommer les images du massacre de 1996.
Des femmes avaient enlacé leurs enfants pour les protéger de la mort. Mais ce rempart ultime et dérisoire n’a pas suffi dans l’abri de Cana.
Les mères, dans leurs pantalons fleuris, gisaient sur le sol, les yeux épouvantés, serrant jusqu’à les étouffer leurs enfants pour les protéger, a constaté Béatrice Khadige, de l’AFP.
De l’immeuble à flanc de colline qui venait d’être achevé, il ne restait qu’un troisième étage qui tient dans un équilibre précaire.
Le propriétaire, un planteur de tabac, Abbas Hachem, avait construit une cave sous l’immeuble. Là, s’étaient réfugiés des voisins et une dizaine de handicapés, mentaux et physiques. Au total, 63 personnes, dont 34 enfants, a affirmé à l’AFP Farès Attiyah, chargé de l’approvisionnement de l’abri.
« J’ai vu des femmes, en position fœtale, collées contre le mur, pensant que la cloison les protègerait, mais c’est le contraire qui s’est produit. Leur choix leur a été fatal, les cloisons se sont effondrées sur elles », raconte, entre deux sanglots, Naïm Rakka, responsable de l’équipe de la Défense civile dépêchée sur les lieux.
« Le pilonnage était tellement intense que personne ne pouvait bouger. Les secours n’ont commencé que ce matin (hier) », ajoute cet homme, l’un des cinq survivants de l’abri.
« J’ai sorti mon fils et mon mari, cheikh Mohammad Chalhoub, un paraplégique de 35 ans, je l’ai déposé dans un immeuble car je ne pouvais plus le porter. Mais quand je suis venue pour sortir ma fille restée dans l’abri, il était trop tard, l’immeuble s’était effondré », raconte, éplorée, Rabab.

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