Subir des violences ou des menaces de clients, patients, élèves ou collègues de travail accroît notablement le risque de dépression et de troubles liés au stress, selon une étude danoise publiée jeudi dans une revue médicale britannique.
L'exposition professionnelle à des formes de violence augmente de 45% le risque de dépression pour les femmes et de 48% pour les hommes. Elle accroît la fréquence (+32% pour les femmes, +55% pour les hommes) de troubles liés au stress, par rapport aux femmes et hommes dont le travail ne comporte pas de risques de violence.
Les menaces entendues dans le cadre professionnel entraînent, selon l'étude paraissant dans le Journal of Epidemiology and Community Health, une augmentation de 48% du risque de dépression pour les femmes et de 59% du risque de troubles liés au stress chez leurs collègues masculins. Lire aussi :
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Plus la violence et les menaces sont fréquentes, plus le risque est accru : les hommes confrontés à beaucoup de menaces et de violences voient augmenter de "plus de 50% le risque de troubles liés au stress", soulignent Joanna Wieclaw, Jens Peter Bonde (Hôpital de l'Université de Aarhus, Danemark) et leurs collègues.
Ils ont comparé les conditions de travail de plus de 14.000 patients de 18 à 65 ans, traités entre 1995 et 1998 pour dépression ou troubles liés au stress, avec la situation de 58.000 salariés sans problèmes de santé mentale, en tenant compte de l'âge et du sexe.
Tous les participants ont été invités à dire s'ils avaient subi des violences au travail durant les douze mois précédents. Près de 7% des femmes et 5% des hommes ont fait état de menaces. Pour les violences, les taux étaient respectivement de 3,3% et de 1%.
C'est dans les secteurs de la santé, de l'éducation, du travail social et de l'aide à la personne (auxilaires de santé notamment) que menaces et violences étaient le plus souvent rapportées. Le plus souvent, elles émanaient de clients, de patients ou d'élèves.
Environ 5% des participants à l'étude souffrant de troubles psychologiques ont rapporté des comportements violents de leur collègues.
Près de la moitié des personnes exposées à des violences ou menaces en avaient subi plusieurs fois dans l'année.
Les auteurs conseillent de donner une "haute priorité" à la prévention de la violence et des menaces sur le lieux de travail, et de fournir un soutien approprié aux victimes.