
Les syndicats enseignants n'ont pas digéré l'interpellation de la directrice de l'école Rampal et le silence du ministère de l'Education. Ils veulent être assurés que Valérie Boukobza ne sera pas poursuivie ni sanctionnée.
Le placement en garde à vue, vendredi, de Valérie Boukobza, directrice d’école parisienne (Libération de lundi), continue de faire des vagues.
La jeune femme soupçonnée d’outrage et de dégradations sur une voiture de police après que des incidents violents eurent éclaté à proximité de son établissement lors de l’interpellation d’un Chinois sans-papiers qui venait chercher ses petits-enfants, avait été interrogée pendant sept heures.
Hier, les principaux syndicats enseignants (1) du primaire ont appelé leurs collègues à faire grève et à manifester vendredi. «On demande que les ministères de l’Education nationale, de la Justice et de l’Intérieur clarifient la situation de la collègue et annoncent qu’il n’y aura aucune poursuite judiciaire et aucune sanction administrative prise contre elle», explique Gilles Moindrot, secrétaire général du Snuipp.
Les responsables syndicaux demandent également que Valérie Boukobza se voit appliquer le droit à la protection des fonctionnaires prévu par la loi. Cela lui garantirait l’assistance d’un avocat et du service juridique du rectorat. «Les fonctionnaires doivent être défendus par l’institution, affirme également Michel Delattre, secrétaire général de l’Unsa Paris. Surtout que nous considérons que notre collègue était en situation de légitime défense».
Lundi, ces mêmes syndicats avaient rencontré Maurice Quenet, recteur de l’académie de Paris. Selon eux, la discussion a tourné court, le responsable académique opposant une fin de non-recevoir à la demande de protection juridique, au motif que la situation de Valérie Boukobza relève d’une affaire privée.
Le recteur aurait affirmé que «les faits [s’étant] produits à l’extérieur de l’école [sont] détachables de sa mission de directrice d’école».
Vendredi, les enseignants manifesteront également contre les arrestations aux abords des écoles. Le matin, une délégation syndicale se rendra à la préfecture de police pour réclamer que cessent de telles pratiques. Le cortège partira à proximité du ministère de l’Education nationale, façon d’interpeller Gilles de Robien, resté totalement muet depuis le début de cette affaire.
(1) Snuipp-FSU, SE-Unsa, SgenCFDT, Sud-Education, Snudi-FO, CGT-Education et CNT
Libération