
Les Français se pressaient aux urnes dimanche pour choisir les deux finalistes dans la course à l'Elysée qui s'affronteront le 6 mai, avec, à midi, un très fort taux de participation.
A la mi-journée, la participation était de 31,21%, en forte hausse sur 2002 (21,4% à 12H00), année où l'abstention avait atteint un record absolu pour un premier tour de présidentielle (28,4%). Le taux de participation à la mi-journée était d'ailleurs le plus fort depuis 1981.
44,5 millions d'électeurs au total sont appelés à choisir les deux finalistes pour succéder à Jacques Chirac. Quatre des 12 candidats ont fait la course en tête dans les sondages: Nicolas Sarkozy (UMP), Ségolène Royal (PS), François Bayrou (UDF) et Jean-Marie Le Pen (FN).
Autre signe de l'intérêt pour cette élection, qui devrait voir une nouvelle génération arriver à la tête du pays, on compte 3,3 millions d'inscrits de plus qu'en 2002, dont beaucoup de jeunes âgés de 18 à 30 ans. Les premiers électeurs à ouvrir le bal avaient été samedi ceux de plusieurs départements et collectivités d'Outre-mer ou sur le continent américain.
Gérard Schivardi, soutenu par le Parti des Travailleurs (extrême gauche) a été le premier des candidats à déposer son bulletin dans l'urne, dans le village de Mailhac (Aude), dont il est le maire.
Nicolas Sarkozy est allé voter à 10H55 à Neuilly-sur-Seine, accompagné de son épouse Cécilia. "A mon avis, il reste encore quinze jours", a-t-il dit, laissant entrevoir sa confiance d'être au deuxième tour.
Ségolène Royal a voté vers 12H30 dans son fief de Melle (Deux Sèvres), et devait ensuite "se consacrer à son discours pour ce soir".
François Bayrou a voté à Pau dans les Pyrénées Atlantiques.
Le président de la République Jacques Chirac et son épouse Bernadette ont voté à Sarran, village de Corrèze. M. Chirac, qui avait indiqué qu'il voterait "naturellement" pour le candidat de son parti, M. Sarkozy, n'a fait aucun commentaire.
Philippe de Villiers (Mouvement pour la France), a voté aux Herbiers (Vendée) sur une machine électronique en protestant contre ce dispositif, qui a été contesté ailleurs.
Ainsi à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), où le scrutin se déroule entièrement sur machines, on enregistrait de longues files d'attente qui ont provoqué des protestations.
Les 64.030 bureaux de vote en métropole avaient ouvert leurs portes à 08H00, à l'exception d'une dizaine à Marseille dont les serrures avaient été obturées avec de la colle. La plupart d'entre eux (70%) resteront ouverts jusqu'à 18H00. Dans 106 communes, dont plusieurs grandes villes comme Dijon, Rennes, Tours, Nantes, Angers, Toulon, ils ne fermeront qu'à 19H00. Un quart des bureaux fermeront à 20H00, dont Paris.
La plupart des grandes villes signalaient une affluence à l'entrée des bureaux de vote, sous un soleil estival. La participation enregistrée dans les départements ou collectivités d'Outre-mer était en hausse, dont en Nouvelle-Calédonie, Guyane, ou aux Antilles. Tout l'éventail politique, de l'extrême droite à l'extrême gauche, est représenté par les 12 candidats en lice. Pour les "petits", dont aucun n'a dépassé 5% d'intentions de vote dans les enquêtes d'opinion, il s'agit d'accumuler suffisamment de voix pour peser sur le deuxième tour en négociant son ralliement.
C'est particulièrement vrai pour la communiste Marie-George Buffet, l'écologiste Dominique Voynet, l'altermondialiste José Bové, Philippe de Villiers (MPF) ou Frédéric Nihous (CPNT). Les voix trotskistes sont condamnées à s'éparpiller sur trois candidats: Olivier Besancenot (LCR), Arlette Laguiller (LO) et Gérard Schivardi.
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