
MADRID (Reuters) - Les services de sécurité espagnols ont averti le gouvernement de Madrid que l'Espagne et la France risquaient d'être attaquées par l'aile nord-africaine d'Al Qaà¯da et que le groupe était actif en territoire espagnol, selon El Pais.
Le journal cite des informations récentes des services de renseignement (CNI) selon lesquelles l'Organisation Al Qaà¯da pour le Maghreb islamique s'emploie à récolter des fonds en Espagne et à recruter des activistes pour les envoyer en Irak et dans des camps d'entraînement en Afrique.
D'après ces renseignements, l'organisation, connue précédemment sous le nom de Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), pourrait absorber d'autres groupes - au Maroc, en Libye et en Tunisie - que leur union rendrait plus dangereux que lorsqu'ils opèrent séparément.
Aucun représentant du gouvernement ou du ministère de l'Intérieur espagnols n'était joignable dans l'immédiat pour commenter ces informations.
L'Afrique du Nord a connu ce mois-ci plusieurs attentats à la bombe. Des explosions ont notamment fait 33 morts à Alger et, à Casablanca, des kamikazes se sont fait sauter devant des locaux diplomatiques américains.
Al Qaà¯da affirme avoir pour objectif de reconquérir des régions jadis musulmanes telles que l'Andalousie espagnole.
Après ces attentats, l'Espagne a renforcé à titre préventif ses dispositifs de sécurité dans les présides de Ceuta et de Melilla, ses enclaves côtières nord-africaines.
Selon El Pais, la police et les services de sécurité n'ont découvert aucun projet d'attaque concret contre l'Espagne mais ont fait savoir que le pays était en danger.
"Le véritable danger, dans ce qui est arrivé ce mois-ci au Maghreb, est le GSPC algérien. Nous concentrons sur lui toute notre attention", a déclaré au journal un responsable de police chargé de la lutte antiterroriste. "C'était un travail de professionnels. Al Qaà¯da sous sa forme la plus pure."
El Pais précise que la France et l'Espagne étudient de concert les moyens par lesquels le groupe lié à Al Qaà¯da finance ses activités sur leurs deux territoires.
Reuters - Capital