Les Centristes, conduits par François Bayrou, pèseront lourd dans l'équation du 6 mai L'intérêt pour l'élection présidentielle en France dépasse largement les frontières de l'Hexagone. Il n'y avait qu'à parcourir la presse internationale, au lendemain du premier tour pour s'en rendre compte.
Sur plusieurs publications, le sujet était en Une de la presse écrite, au même titre que le déroulement du scrutin a été en ouverture des informations sur les chaînes de télévision. Plutôt normal, sachant le poids à l'international de la France, diront les plus pressés, et ils n'auront pas forcément tort.
En revanche, ce qui semble le plus avoir intéressé les observateurs, c'est qu'on est en face d'une transition au pouvoir. Transition dans le sens qu'à l'issue du deuxième tour, c'est à une nouvelle configuration qu'on aura affaire. D'autant plus qu'avec la sortie de Jacques Chirac, la personne et le personnage, c'est un autre grand nom de la scène politique internationale qui passe le témoin. Mais de savoir qui sera demain à l'Elysée ne représente qu'une partie de l'intérêt.
En fait, l'autre aspect non moins important n'est autre que la candidature au féminin, en la personne de Ségolène Royal, celle-ci venant se greffer sur la liste des femmes qui ont brigué, avec plus ou moins de bonheur, un mandat au top de la hiérarchie mondiale du pouvoir, que ce soit en Europe, en Amérique latine, en Asie, voire ailleurs.
Il ne faut pas oublier non plus que l'opinion publique internationale n'a pas été indifférente à la nature de la mobilisation qui a accompagné l'élection présidentielle, avec, notamment, les débats pointus, souvent houleux, qui ont jalonné ce moment, au sein même des formations en lice. Qui oublierait, par exemple, les confrontations dans la maison du parti socialiste avant la désignation de Royal ou encore les tensions qui ont secoué la demeure de l'UMP avant que Sarkozy ne passe haut la main.
Sans omettre la montée spectaculaire d'un Bayrou qui a redonné un sens au fait d'être centriste, dans un système où la bipolarité gauche-droite a toujours été de mise. Certes, que les deux grands pôles de la sphère politique française se retrouvent en duel au deuxième tour n'est pas surprenant, mais le score de 18,3% de Bayrou ne laisse pas indifférent pour autant.
A telle enseigne que, selon les observateurs, tout porte à croire que l'UDF devra camper le rôle d'arbitre au finish. Puisque, en partie, les deux autres partis auraient usé tout leur potentiel électoral et que, en définitive, le partage se fera du côté de ceux qui ont voté pour le Centre. Reste à savoir, si oui ou non, Bayrou donnera des consignes et si oui ou non, ses électeurs vont les suivre.
Il n'en demeure pas moins que le grand vainqueur est déjà connu à l'issue du premier tour : l'électorat lui-même. D'autant qu'avec un taux de participation record, frôlant les 85%, il y a de quoi rendre jalouses bien des démocraties de par le monde.
Dire que le souvenir de 2002, lorsque le patron du Front national, qui vient de clore sa longue aventure avec le plus bas score jamais enregistré (un peu plus que 11%) y est pour beaucoup est bien sûr une évidence, mais ce serait faire un raccourci excessif que de tout y lier. Au même titre que cette idée pour le moins saugrenue qu'on a dû subir sur certaines chaînes, qui ont estimé que le beau temps a mobilisé les électeurs! La carte de la capacité de mobilisation a été jouée à fond par les différents candidats, même ceux qui ont été dans les moins de 5% donnant accès au remboursement des frais de campagne.
Maintenant, les scénarios se multiplient et les instituts de sondage gonflés à bloc pour avoir, à la virgule près, eu raison, y mettent du leur. Mais, ce sont les Français, en définitive, qui décideront.
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Duel cathodique le mercredi 2 mai
Le débat télévisé de l'entre-deux-tours, entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, aura lieu mercredi 2 mai au soir.
Lors d'une première réunion au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) mardi à la mi-journée, les représentants des candidats et des deux chaînes organisatrices, TF1 et France 2, se sont mis d'accord sur la date, l'heure (21 heures) et la durée du débat (deux heures).
Claude Guéant, directeur de campagne du candidat UMP, et Franck Louvrier, son responsable de la communication, ont convenu avec Jack Lang, conseiller spécial de la candidate PS, d'adopter la formule d'un face-à-face traditionnel. L'option d'un débat "à l'américaine", où les deux candidats dialoguent avec le journaliste mais pas l'un avec l'autre, avait été brièvement évoquée.
Le Parti socialiste ne pose aucune condition.
Reste à choisir le réalisateur, le décor et le ou les journalistes qui animeront la rencontre, a indiqué à la presse M. Guéant à l'issue
de cette réunion.
Nicolas Sarkozy "a donné son accord aux noms proposés par les chaînes", à savoir Patrick Poivre d'Arvor pour TF1 et Arlette Chabot pour France 2. Mais Ségolène Royal n'a pas encore donné sa réponse,
a ajouté M. Guéant.
"Nous ne posons aucune condition", s'est défendu Jack Lang, ajoutant que "nous avons été d'accord quasiment sur l'essentiel". "Nous souhaitons, comme Nicolas Sarkozy, un débat qui assure l'égalité et le respect" et "il nous suffira pour l'essentiel de reprendre les règles qui ont été établies" les fois précédentes, a précisé l'ancien ministre de la culture.
Le débat sera diffusé sur TF1 et France 2, et les images seront mises gratuitement à disposition des autres télévisions et des radios.
Abdelhadi Gadi | LE MATIN