La branche armée du mouvement palestinien Hamas a tiré mardi des dizaines de roquettes sur le territoire israélien, proclamant la fin d'une fragile trêve avec l'Etat hébreu qui a promis de riposter. "La trêve n'existe plus. C'est l'ennemi israélien qui ne l'a pas respectée et maintenant c'est au tour des groupes
palestiniens", a déclaré à l'AFP le porte-parole des brigades Ezzedine Al-Qassam, Abou Obaida.
Le mouvement Hamas contrôle avec le Fatah le gouvernement d'union nationale palestinien.
Quelques heures après ces tirs, le ministre de la Défense israélien Amir Peretz a tenu une réunion d'urgence avec l'état major de l'armée.
"Israël voit l'incident de ce matin comme étant extrêmement sérieux et agira sans compromettre, contre les personnes impliquées en temps voulu et avec les moyens adéquats", a affirmé un haut responsable sécuritaire présent à la réunion.
Le Premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh, un dirigeant du Hamas, a accusé Israël d'être à l'origine de la rupture de cette trêve. "Il existait une position d'ensemble palestinienne positive (vis-à-vis
de la trêve) mais, malheureusement, nous avons été
surpris par l'élargissement et l'escalade de l'agression"
israélienne, a-t-il dit.
M. Haniyeh faisait référence à la mort de neuf Palestiniens, dont cinq activistes, tués au cours du week-end par l'armée israélienne.
En vertu d'un accord de cessez-le-feu fin novembre 2006, l'armée israélienne avait mis fin à ses opérations militaires dans la bande de Gaza et s'était engagée à ne pas y lancer d'attaques. Pour leur part, les groupes palestiniens, dont le Fatah et le Hamas, devaient s'abstenir de tirer des roquettes.
Plus d'une centaine de roquettes ont toutefois été tirées depuis. En représailles, l'armée a repris début avril ses attaques, aériennes notamment, dans la bande de Gaza.
Les Brigades Ezzedine Al-Qassam ont revendiqué le tir de 28 roquettes et 61 obus de mortier sur le sud d'Israël, à la lisière de la bande de Gaza.
Les Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa, une nébuleuse de groupes armés liés au Fatah du président Mahmoud Abbas, ont revendiqué le tir de quatre roquettes.
Selon l'armée, seules six roquettes et huit obus sont tombés en territoire israélien, sans faire de victime. Des hélicoptères israéliens ont ensuite "ouvert le feu sur des zones depuis lesquelles les roquettes ont été tirées. Personne n'a été touché", a-t-elle indiqué.
L'armée israélienne a affirmé dans un communiqué qu'elle avait déjoué "une opération de grande envergure" du Hamas. Une source de sécurité a estimé que les volées de roquettes pourraient avoir été une manœuvre de diversion du Hamas pour tenter d'enlever
un soldat israélien.
L'aile militaire du Hamas a averti que les "sionistes ouvriront les portes de l'enfer s'ils mènent une agression contre Gaza". "L'ennemi payera un prix fort pour toute agression contre Gaza qui se transformera en cimetière pour ses soldats",
a renchéri Abou Obaida.
Les forces de sécurité en Israël sont en état d'alerte de crainte d'attentats au moment des célébrations marquant le 59e anniversaire de la création en 1948 de l'Etat juif, selon le calendrier hébraïque.
La vague d'attaques à la roquette est la première du genre depuis l'entrée en fonction le 17 mars d'un gouvernement d'union regroupant Hamas et le Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas.
M. Abbas, en tournée en Europe, critique régulièrement les tirs de roquettes et appelle, en vain, à y mettre fin. "Il faut faire cesser le cycle de violences et le gouvernement palestinien a déjà proposé la conclusion d'une trêve globale et réciproque. C'est la solution", a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement palestinien Moustapha Barghouthi.
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Le pape reçoit Abbas
Le pape Benoît XVI a salué les efforts en cours pour relancer le dialogue entre Israéliens et Palestiniens lors de sa rencontre mardi au Vatican avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a indiqué un communiqué du Saint-Siège.
Mahmoud Abbas s'est entretenu douze minutes en tête à tête, en anglais et sans interprète avec le pape, avant de rencontrer le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat du Vatican, et le "ministre des Affaires étrangères", Mgr Dominique Mamberti.
| AFP