Festival méditerranéen du court métrage de Tanger

Art et Culture : Festival méditerranéen du court métrage de Tanger

Posté par lakil le 27/6/2007 22:40:00 (508 lectures)

Le lundi 25 juin, Tanger s'est transformée en haut lieu du septième art. C'est le Centre cinématographique marocain en maître des lieux qui a récidivé en organisanty la cinquième édition du Festival méditerranéen du court métrage. Un événement marquant qui s'inscrit comme levier d'un genre cinématographique voué maintenant un avenir prometteur.

Le coup d'envoi de cette édition vient un an après la commémoration dédiée au centenaire du réalisateur italien Roberto Rosselini. Un clin d'oeil à ce réalisateur qui a débuté sa véritable carrière de réalisateur après la Seconde Guerre mondiale. 'Rome ville ouverte' (1945) et 'Paisà' (1946) le font accéder à la notoriété et lui donnent le statut de cinéaste néoréaliste.

Avec 'Allemagne, année zéro' (1948), il se dégage de cette tendance artistique et s'attache plus à l'aspect psychologique des personnages. Une deuxième période s'ouvre alors, celle de la réflexion sur l'homme moderne et sa solitude avec 'Europe 51' (1952) ou 'Voyage en Italie' (1953). Il y fait tourner sa femme, l'actrice Ingrid Bergman. Les films postérieurs aux années 50 ne rencontreront pas toujours le succès souhaité ('Viva Italia', 'Socrata', 'Pascal' ). Son oeuvre s'achève par un film testament, 'Le Messie' (1976). Roberto Rosselini voyait dans le cinéma un moyen de comprendre le monde et ses films révèlent ce souci de vérité. En cette soirée inaugurale, le public a suivi avec un silence majestueux son court métrage "La voix humaine", une immense actrice italienne comme Anna Magnani et un texte du célèbre dramaturge français Jean Cocteau 33 mn de beauté âpre.

Une femme seule dans sa chambre reçoit trois coups de fil de son amant. Il l'a quittée. Elle ne peut le supporter. Déchirant. Une séparation traitée avec une sécheresse à la hauteur de la douleur subie. Il faut rappeler que la projection de ce film n'a pas eu lieu l'année dernière pour rendre hommage à ce grand cinéaste, mais la volonté d'exaucer ce voeu n'a pas raté le rendez-vous cette année. Une leçon de cinéma en noir et blanc. Un cri d'amour pour un cinéma qui nous rend à nous-mêmes.

Le CCM a choisi comme à l'accoutumée de donner un cachet particulier à cet événement cinématographique, en insistant sur une question primordiale c'est que le cinéma doit d'être valorisé. C'est pour cela que la cérémonie d'ouverture s'est déroulée selon un rythme bien cadré avec la présentation de deux allocutions. Celle de la ville de Tanger représentée par le maire et le mot du ministre de la Communication prononcé par son chef de cabinet. Une présentation sobre du jury avec un mot du président et réalisateur Michel Khleifi, qui s'est trompé de ville en évoquant Tétouan. Mais il s'est rattrapé avec une délicatesse sans faille.

Un grand absent du jury, le réalisateur sénégalais, Ben Diogaye Béye, qui devait arriver directement pour suivre la complétion officielle prévue pour le mardi 26 juin au cinéma Roxy où a eu lieu la cérémonie d'ouverture. Le ton est donné pour que cette édition consolide cet édifice d'un cinéma dédié au court métrage. L'esprit de Rossellini plane déjà sur la ville de Tanger. Une voix forte et un cri pour que l'amour du cinéma continue vivra au-delà de cet événement.

Source: Liberation

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