Hassan Khattab, le chef présumé de la cellule islamiste Ansar El Mehdi a dénoncé vendredi à la reprise de son procès devant le tribunal antiterroriste de Salé (près de Rabat) la politique des Etats-Unis envers le monde musulman, a-t-on appris de source judiciaire.
Hassan Khattab, qui répondait à des questions du président du tribunal, a qualifié "d'impérialistes et d'opportunistes" les Etats-Unis, selon la même source.
Hassan Khattab a en outre exprimé en substance sa sympathie pour l'action du réseau Al Qaïda en Irak, au Pakistan et en Afghanistan, selon des avocats et des journalistes présents à l'audience.
La reprise de ce procès était programmée en principe au 29 septembre prochain, mais sur l'insistance des avocats et des 51 prévenus membres de la cellule Ansar El Mehdi, le tribunal antiterroriste a récemment avancé au 20 juillet la suite du procès avec l'interrogatoire d'une partie des accusés.
"Je ne suis pas violent, j'ai un projet politique. Je prône la mise en oeuvre de la charia (droit musulman)", a-t-il ajouté.
Après avoir interrogé onze prévenus, la Cour a décidé d'ajourner la suite du procès au 27 juillet.
La cellule Ansar El Mahdi, démantelée en août par les autorités marocaines, comptait cinq militaires, trois gendarmes et un officier de police.
Hassan Khattab et ses coaccusés sont poursuivis pour "constitution de bande criminelle en vue de préparer et de commettre des actes terroristes, et pour atteinte grave à l'ordre public".
Selon l'accusation, la cellule dirigée par Hassan Khattab projetait de prendre le maquis dans les montagnes du Rif (nord) en vue de renverser le régime marocain et d'instaurer un régime islamiste.
Hassan Khattab, actuellement incarcéré à la prison de Salé, a récemment purgé une peine de prison de deux ans dans le cadre de l'enquête sur les attentats terroristes du 16 mai 2003 à Casablanca.
Quatre femmes se trouvent aussi sur les bancs des accusés, dont deux épouses de pilotes de ligne de la compagnie Royal Air Maroc.
Vendredi, deux autres procès dans lequels sont impliqués des islamistes radicaux dont deux théologiens Abdelwahab Rafiki et Hassan Kettani ont été reportés l'un à Casablanca au 28 septembre et l'autre à Salé au 19 octobre.
Source: Le Monde