C'EST effectif, au grand dam des consommateurs. Depuis le 13 septembre, le prix du pain a atteint le seuil des 1,50 DH. Et ce, après l’augmentation du prix de la farine qui atteint 4,50 Dh le kg, alors qu’il était à 3 DH avant. La farine de luxe, elle, a augmenté de 60 cts pour se situer à 5.80 DH/Kg. Quelques mois après un démenti des autorités sur une éventuelle augmentation des produits de base, la situation est de nouveau critique surtout qu’elle coïncide avec la rentrée sociale et surtout avec le Ramadan. Un mécontentement collectif n’est pas à exclure. Toutefois les boulangers-pâtissiers ne font que répercuter les hausses imposées par les minotiers. De leur côté, les minotiers évoquent une augmentation du prix du blé à l’international. Toutefois, à l’heure où nous mettions sous presse, minotiers et pâtissiers-boulangers fabricants de pâtes et semoule ont été convoqués par la Primature pour une réunion qui devrait se dérouler aujourd’hui à partir de 14h.
Les hausses successives et impromptues doivent toutefois être diligentées avec la plus grande parcimonie afin de ménager le consommateur. «Il faut préserver le pouvoir d’achat des citoyens, plus particulièrement les personnes à revenus limités», précise Mohamed Choubaha, président de l’association des produits alimentaires du Grand Casablanca. Pour lui, l’absence de contrôle dans les préfectures et la concurrence déloyale des marchands ambulants entre autres laissent libre cours aux spéculations. Il est temps de faire adopter la loi sur le consommateur », affirme-t-il.
Toujours est-il que sur le marché international, le quintal de blé tendre continue à se négocier actuellement à 450 DH, alors qu’il n’était qu’à 300 DH à peine un mois avant. D’après les opérateurs, les autorités n’ont pas joué leur rôle. «Conscientes de la campagne agricole médiocre de cette année tant au niveau national qu’international, les autorités n’ont rien fait pour remédier à la crise qui se profile», déplore-t-on au sein de GROMIC. Pour eux, le Maroc aurait dû commander de grosses quantités aux pays exportateurs (USA et Canada). Ajouter à cela, les problèmes de décongestion au port de Casablanca qui sont loin d’être totalement résolus ainsi que la politique protectionniste du gouvernement qui a augmenté les taux de douane pour encourager les céréales locales, déplorent les professionnels.
Malheureusement le pire reste à venir, d’après un minotier: «Le Maroc risque de tomber en pénurie de blé dur en janvier 2008. Négocié à 400 dollars le quintal, le blé dur dépasse aujourd’hui la barre des 500 dollars.
Actuellement, malgré la hausse, le pays dispose encore d’une marge de manœuvre estimée à trois mois. Au plus tard en décembre, les stocks des minoteries seront épuisés. A ce moment-là, le blé sera encore plus rare donc plus cher.
De plus, les minotiers évoquent des «aberrations dans certains articles de la loi de Finances 2007», en particulier la taxe parafiscale payée sur le son. Elle équivaut à 4 fois la cotisation minimale qui est de 500.000 DH. Cette cotisation sert à subventionner l’import d’orge pour l’alimentation du bétail. Les professionnels évoquent une concurrence déloyale des autorités qui vendent l’orge à 1,60 DH le kg alors qu’eux-mêmes l’écoulent à 2, voire 2,20 DH. Sans omettre la taxe de commercialisation sur les céréales qui s’élève à 400.000 DH et qui est consacrée au fonctionnement de l’Office.
Par ailleurs, la hausse du prix du blé a un effet boule de neige sur les produits dérivés. C’est le cas par exemple des pâtes alimentaires d’importation qui ont augmenté de 3 DH le demi-kilo.
Et le reste
D'AUTRES hausses se sont également produites. Ainsi, le prix du beurre est passé à 50 DH/kg tandis que son prix ne dépassait pas les 40 DH. En ce qui concerne le prix de l’huile de table, il a enregistré une hausse de 2 DH le litre (9,5 Dh/l à 11,5 DH). Le prix du sucre en morceaux revient à 6,50 DH/Kg, tandis que le prix du pain de sucre s’est élevé à environ 12 DH.
L´economiste