PARIS (AFP) — Dassault Aviation, qui espérait engranger au Maroc sa première commande à l'exportation pour son avion de combat Rafale, serait en passe de perdre la partie face à son grand rival américain Lockheed Martin, a affirmé jeudi soir le site internet de La Tribune.
L'avion de combat du groupe français "aurait perdu toute chance de succès à Rabat face à la proposition des Etats-Unis, qui proposent des F-16 d'occasion prélevés sur ceux de l'US Air Force", selon le quotidien économique, qui cite "des sources industrielles concordantes".
Interrogé par l'AFP, un porte-parole de Dassault n'a pas confirmé l'information mais a reconnu que le groupe était "préoccupé par une très forte pression américaine".
Les Etats-Unis auraient fait une nouvelle "offre ahurissante", selon La Tribune, en proposant 36 F-16 d'occasion "pour moins de 2 milliards de dollars quand la France a proposé au Royaume chérifien 18 Rafale pour 2,3 milliards d'euros".
Chez Dassault, on indique "ignorer le détail des contre-propositions américaines" et on souligne que "l'issue des négociations dépendent depuis des mois des discussions entre Etats". "Notre part du travail a été faite depuis longtemps", a ajouté le porte-parole de Dassault.
Selon La Tribune, "les pouvoirs publics ont tenté de réagir. Ils ont réaligné leur offre sur celles des Américains en proposant 24 avions de combat pour un montant de 2 milliards d'euros".
Dans l'entourage du ministre de la défense, Hervé Morin, interrogé par l'AFP, on déclarait jeudi soir: "à notre connaissance les négociations ne sont pas terminées et nous n'avons aucune indication ni dans un sens ni dans un autre".
L'échec éventuel du Rafale au Maroc renvoie à de récentes déclarations du ministre, qui selon La Tribune semblaient "préparer l'échec".
Le Rafale est un avion "très sophistiqué, formidable" mais difficile à vendre à des clients qui "n'ont pas besoin d'un avion pour des combats de haute intensité", déclarait M. Morin le 11 septembre à l'occasion de l'Université d'été de la Défense à Toulouse.
"Quand les Américains emportent les contrats c'est souvent avec des F-16 d'occasion. Je souhaite qu'on propose aux politiques la possibilité de choisir un équipement peut-être un peu moins sophistiqué à l'avenir", avait-il ajouté.
Selon La Tribune, le seul espoir des industriels -- Dassault et ses partenaires, Snecma pour les moteurs (groupe Safran) et Thales pour l'électronique -- est "la force de l'Elysée et de son locataire à inverser la tendance". Le président Sarkozy est attendu fin octobre au Maroc.
AFP