A grand renfort de marketing et de design sophistiqué, le iPhone se targue d'être le mobile qui ouvre une nouvelle ère. Or, tout juste arrivé sur ce marché, Apple est plutôt à la traîne en matière de composants. Une lacune qui risque de coûter cher en termes d'impact sur l'environnement, comme le souligne Greenpeace.

L'association vient en effet de publier un rapport qui épingle le mobile star et dénonce la présence de substances chimiques nocives ainsi que la difficulté à se débarrasser de la batterie. "La présence de composants toxiques est d'autant plus choquante que les fabricants sont aujourd'hui en passe de les éliminer", estime Yannick Vicaire, responsable de la campagne Toxiques de Greenpeace France. "Et, oui : statistiquement, la santé publique peut souffrir de l'iPhone. Sans parler des employés des industries de recyclages, qui, eux, en souffriront individuellement."
Et l'expert d'analyser : "En se lançant sur ce marché tout nouveau pour lui, Apple aurait aisément pu profiter de l'expérience de ceux qui ont essuyé les plâtres, d'autant que tous les composants internes sont fabriqués par les mêmes sous-traitants." Mais sans doute que la volonté de commercialiser au plus vite le terminal a prévalu sur les questions d'éthique environnementale. Une politique qui se devine aussi dans la difficulté à remplacer la batterie. Une fois celle-ci hors service, le consommateur est dans l'obligation de racheter un appareil. Au-delà du préjudice que cela implique en termes de consommation, cet élément "pose la question de la durée de vie des produits, qui n'a de cesse de diminuer à cause de ce genre de stratégie commerciale", continue Yannick Vicaire. Sans compter la difficulté à recycler un mobile entier, non pas trié.
Par le biais d'un communiqué, Apple réplique laconiquement que l'iPhone est "conforme à la réglementation européenne". Ce qui est vrai. "Certains composants, dont les phtalates, sont règlementés et formellement interdits dans certains produits comme les jouets", explique le responsable de campagne. Mais pas dans tous, ce qui a permis à Apple de se déclarer en conformité avec la législation. "Et ils ont raison, mais notre ambition est que les fabricants se responsabilisent et aillent plus loin que la réglementation en faveur de l'environnement." D'autant plus si la réglementation n'est pas suffisante. Nokia, Motorola ou Sony Ericsson seraient sur la bonne voie. Pas Apple, régulièrement mis à l'index dans le classement du guide pour une high-tech responsable établi par Greenpeace.
Alors, moderne, Apple ? A l'heure où Al Gore vient de recevoir le prix Nobel de la paix pour son action en faveur du climat, la modernité réside aussi dans la conscience environnementale. Pas seulement dans le design et la capacité à suggérer l'appartenance à une communauté.
Source:
http://www.lepoint.fr/content/tech_net/article.html?id=205617