Quatre Français assassinés en Mauritanie

International : Quatre Français assassinés en Mauritanie

Posté par thasayeno le 25/12/2007 13:15:46 (246 lectures)

Trois Mauritaniens ont été interpellés à Aleg dans l'est du pays où a eu lieu hier le meurtre des quatre ressortissants français.

Cela s'est passé hier en fin de matinée sur la route entre Aleg et Maghta Lahjar, à environ 250 kilomètres au sud-est de Nouakchott, la capitale Mauritanienne. Un groupe de cinq touristes français qui faisait route vers le Mali a été pris pour cible par trois hommes armés et enturbannés. Selon les informations de la police locale, l'un des agresseurs serait de teint clair et deux autres de teint plus sombre. Armés de fusils d'assaut Kalachnikov AK-47, ils auraient tiré sur les Français qui pique-niquaient sur le bord de la route, après avoir cherché à leur extorquer de l'argent. Bilan : quatre morts et un blessé grave à la jambe.


Le blessé est un sexagénaire, habitué de la Mauritanie. Il a été transféré dans la nuit à Dakar au Sénégal. Ses deux fils font partie des victimes, ainsi que son frère et un de leurs amis. Plusieurs sources ont confirmé que les touristes avaient été aperçus plus tôt dans la matinée, sortant d'un établissement bancaire à Aleg. C'est peut-être là qu'ils ont été repérés par leurs agresseurs.

« J'ai été prévenu vers midi, raconte Ahmedou Ould Manah, le commandant de la compagnie de gendarmerie de la région du Brakna. On m'avait parlé d'un accident de la circulation, mais lorsque je suis arrivé sur place, j'ai retrouvé les douilles correspondant à l'AK-47. » Plus de doute, il s'agit bien d'un assassinat et non d'un accident.


Crime crapuleux ou marque d'al-Qaida ?

Trois Mauritaniens, deux hommes et une femme, ont été interpellés hier soir à Aleg. «À l'heure actuelle, la piste privilégiée par les autorités mauritaniennes est celle du crime crapuleux», explique le porte-parole de la présidence. Ce dernier rappelle d'ailleurs qu'une opération similaire s'était déroulée il y a quelques mois à Nouakchott, lorsque la recette journalière du Port autonome avait été braquée par des hommes armés. L'attaque n'avait pas fait de victime, mais 59 millions d'ouguiyas (170 000 euros) s'étaient évanouis. « Jusque-là, on constatait l'existence d'une petite criminalité localisée, mais il est vrai qu'avec cette attaque meurtrière d'Aleg la situation devient inquiétante », admet encore le porte-parole de la présidence mauritanienne.

La région du Brakna, où se situe la localité d'Aleg, n'est pas spécifiquement connue pour être une zone touristique. Ce n'est pas non plus une zone réputée dangereuse, comme peut l'être le Tiris Zemmour, dans l'extrême nord-ouest du pays, à la frontière entre l'Algérie et le Sahara occidental. En raison de la présence supposée dans la zone de djihadistes d'al-Qaida au Maghreb, il est parfois déconseillé aux touristes de s'y promener seuls. « Je ne crois pas à la thèse de l'attaque terroriste, déclare un journaliste local. Les hommes du GSPC auraient plutôt frappé la région touristique de l'Adrar s'ils avaient voulu faire un gros coup. » À deux semaines de l'arrivée du Rallye Dakar dans le pays, cette attaque sanglante constitue en tout cas une très mauvaise publicité pour la Mauritanie.

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