Sarkozy estime que la France doit faire mieux en Arabie saoudite

International : Sarkozy estime que la France doit faire mieux en Arabie saoudite

Posté par thasayeno le 14/1/2008 2:34:08 (634 lectures)

La France peut faire "beaucoup mieux" en Arabie saoudite dans le domaine économique, a estimé dimanche soir le président Nicolas Sarkozy après un entretien et un dîner avec le roi Abdallah bin Abdelaziz.

Les deux gouvernements ont signé quatre accords après ces entretiens : un accord de coopération dans le pétrole et le gaz, un autre instituant une consultation politique régulière entre les deux ministères des Affaires étrangères, un troisième augmentant l'accueil des étudiants et chercheurs saoudiens en France et le quatrième sur le développement de la formation professionnelle et de l'enseignement technique.


En revanche, comme l'Elysée l'avait annoncé par avance, aucun contrat commercial n'a été signé.

Les deux parties ont cependant évoqué une série de projets potentiellement porteurs de futurs contrats pour les entreprises françaises dans les transports terrestres et aériens, l'eau et l'électricité, l'hôtellerie et la distribution, la sécurité intérieure et les armements (voir ).

Au total, selon les évaluations de l'Elysée, ces projets pourraient représenter à terme environ 40 milliards d'euros de contrats. Mais ces futurs contrats sont encore à l'état virtuel.

"L'Arabie saoudite est un partenaire stratégique majeur pour la France (...), un élément essentiel pour la paix dans cette région du monde tellement agitée", et le roi Abdallah est un ami de la France, a dit Nicolas Sarkozy à l'issue de la cérémonie de signature. "Donc l'intérêt de cette visite est un intérêt politique, économique, culturel, militaire."

"Il est très important pour la France d'être présente dans cette région du monde", a ajouté le président français. "On peut faire beaucoup mieux. Si je compare à d'autres pays européens, on doit faire mieux."

La France n'est aujourd'hui que le septième fournisseur de l'Arabie saoudite, avec 3,9% de parts de marché, derrière les Etats-Unis, la Chine continentale, l'Allemagne, le Japon, la Grande-Bretagne et l'Italie. Et seulement 60 entreprises françaises sont implantées dans le royaume.

REFONDATION

Nicolas Sarkozy aura l'occasion lundi de revenir sur cette question dans un discours devant des hommes d'affaires saoudiens et français - ainsi que sur la question des prix du pétrole.

"On espère que cette visite va donner enfin un coup d'envoi sérieux aux relations économiques franco-saoudiennes", a dit à France Info Kamal al-Mounajjed, président du Conseil d'affaires franco-saoudien et organisateur de cette rencontre.

"La France a été mise sur la liste des partenaires stratégiques de l'Arabie saoudite en 1996 mais, malheureusement, depuis ce temps-là, ça n'a vraiment pas démarré", a-t-il ajouté.

En témoignent près de 20 ans de négociations sans débouché concret sur un système de protection des frontières saoudiennes - projet évalué aujourd'hui à 10 milliards d'euros, pour lequel le groupe français Thalès paraît cependant bien placé.

Kamal al-Mounajjed juge d'autre part les PME françaises trop "timides" et pas assez prêtes à prendre des risques.

Selon l'Elysée, Nicolas Sarkozy a souligné, lors de son entretien avec le roi Abdallah, qu'il était venu "parler de la refondation" de la relation bilatérale franco-saoudienne et donner "un nouvel élan" au partenariat entre les deux pays, notamment dans le domaine culturel et dans celui de l'éducation et de la formation des élites du royaume.

En matière de transfert de technologie, il a déclaré qu'une "équipe" du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) était "prête à venir dans les prochaines semaines" en Arabie saoudite pour "étudier les possibilités dans ce domaine".

Quant aux ventes d'armes de la France à l'Arabie saoudite elles passeront désormais par des contrats d'Etat à Etat et un office contrôlé par l'Etat et agissant sur ses instructions, de façon à supprimer les intermédiaires et à offrir "plus de garanties sur les prix", a-t-il confirmé, selon l'Elysée.

Sur le plan politique, Nicolas Sarkozy a déclaré au roi Abdallah que l'Arabie saoudite avait, avec son poids politique et économique dans la région, "un rôle particulier à jouer pour apaiser les tensions et éviter une guerre de civilisation".

Sur les grands dossiers régionaux - Iran, Irak, Liban, conflit israélo-palestinien, il a "réexprimé les positions françaises". Sur la crise iranienne, dans laquelle l'Arabie saoudite souhaite jouer l'apaisement, il a notamment réitéré sa volonté de mêler "dialogue et fermeté", précise l'Elysée.


Source:le monde

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