Le festival a connu, durant deux jours, l¹organisation d¹un colloque important sur les relations possibles entre le fait éducatif et le fait cinématographique, dans sa dimension marocaine. C¹est fait en accord avec l¹esprit du FICMT, dont l¹une des vocations est la diffusion de la culture cinéma par le biais de l¹institution scolaire
Le colloque a pris deux jours et a été inauguré par le ministre de l¹Education nationale, Lahbib Malki. Le ministre a donné une importante communication dans le sujet.
Au début, le ministre a insisté sur le fait que la dimension méditerranéenne l¹interpelle spécialement puisqu¹elle a été l¹une de ses préoccupations majeures dans ses recherches et ses intérêts académiques personnels dans le cadre du «groupe des études sur la Méditerranée».
Ce groupe se réunissait le plus souvent dans la ville de Tétouan. Il est donc louable et logique qu¹elle abrite un tel colloque et qui a ce caractère rassemblant les pays du pourtour.
Ensuite, le ministre a salué l¹accord établi entre l¹académie de l¹éducation nationale de la région Tanger-Tétouan et l¹association des amis de cinéma de Tétouan. Cet accord permettra d¹apporter la culture cinéma aux élèves des différents cycles d¹enseignement de la région. Et de poursuivre qu¹il souhaiterait que ce fait s¹étend au reste du pays. Ce qui permettra l¹ouverture de l¹espace scolaire sur son entourage naturel avec des relations de sensibilisation, de coopération et de complémentarité d¹avec les différentes constituantes du champ culturel.
Dans le même ordre d¹idées, le ministre a appelé et invité tous les intéressés du champ cinéma au Maroc à une rencontre d¹étude sur le sujet/titre du colloque. Il a nommé le CCM, l¹association des critiques de cinéma, la fédératiuon nationale des ciné-clubs, la chambre des producteurs et des réalisateurs. L¹objectif est de pouvoir débattre et émettre des idées et des points de réflexion sur les possibilités de rendre l¹école et l¹université un espace réel de la connaissance visuelle et de l¹éducation artistique complémentaire et ouverte sur toutes les formes esthétiques.
Surtout que le cinéma connaît des moments de crise avec le développement vertigineux que connaisse les technologies de l¹information. Une crise qui investit et la production, la diffusion et le visionnage public des films. Le ministre a proposé que l¹école soit une des solutions à prévoir pour endiguer cet état de chose préjudiciable au septième art.
En relation avec ce fait, il s¹est demandé pourquoi notre pays n¹a pas pu avoir un véritable institut d¹enseignement et de formation dans le domaine cinématographique. Et aussi pourquoi l¹université marocaine n¹a pas pensé à créer une section, au moins une seule, consacrée à une spécialité portant sur les arts plastiques, dramatiques et de spectacles, mais de manière instituée. Oui des universités ont pu prganiser des activités fort louables consacrées aux arts comme le théâtre à l¹université de Fès, et la connaissance plastique à l¹université de Ben M»sick à Casablanca.
Mais il est clair que la réforme universitaire actuelle et le système des modules ouvrira à coup sûr des horizons nouveaux pour améliorer l¹enseignement des arts. Et ça serait l¹un des outils aptes à même de rendre son importance à l¹expression cinématographique et à la culture visuelle et esthétique. Et le ministre d¹insister sur le fait que la formation universitaire ne doit pas se restreindre à ses fonctions classiques mais devrait changer et s¹ouvrir sur d¹autres fonctions afin de permettre à l¹étudiant d¹acquérir des connaissances supplémentaires sur les arts qui pourraient l¹aider dans sa vie et sa recherche dans le marché du travail.
Ainsi le projet serait d¹intégrer le cinéma en tant que matière scolaire dans les cycles de l¹enseignement en premier lieu, et dans l¹université, il est prévu cette année de démarrer les licences professionnelles et parmi elles il y a le cinéma et les techniques audio-visuelles.
Par la suite, tous les intervenants ont axé leurs points forts sur l¹importance de l¹enseignement du cinéma. Ainsi le président de l¹université de Tétouan a appelé à la création de spécialités nouvelles dans le secteur du cinéma et de l¹audio-visuelle.
A son tour, le critique de cinéma et conseiller auprès de la direction du CCM, Mohamed Bakrim, a pris la parole au nom de directeur du centre cinématographique et a affirmé l¹accord du centre pour l¹organisation de la rencontre proposée par le ministre de l¹Education nationale.
Les professeurs de cinéma en France, Ali Sekkaki et Christine Juby, ont permis de faire connaissance d¹avec l¹expérience française dans le domaine et qui connaît un succès indéniable et pour l¹élève et pour le cinéma comme une ¦uvre d¹art et d¹esthétique.
A la fin de cette première journée du colloque, tous les participants se sont rendus au collège Ibn Sina où s¹est instauré un dialogue avec les élèves, et où des artistes ont pris la parole pour parler de leurs expériences et ont répondu aux questions posées.
Signalons que la commune de M¹diq a mis à la disposition des amis du cinéma de Tétouan une parcelle de terre pour la création d¹un institut régional pour la formation dans le domaine du cinéma et de l¹audio-visuelle.
Le colloque était un véritable point de réflexion, et ce qui a rendu les choses plus dans les termes voulus, est que les modérateurs de la table, Ahmed Housni et Hamid Aidouni, respectivement directeur et secrétaire général de l¹association des amis du cinéma de Tétouan sont en même temps des professeurs et des acteurs éducatifs. Ce qui vérifie l¹idée tant formulée que l¹école est le partenaire à part entière du l¹art de l¹image mouvante.
M¹barek Housni
albayane.ma