«Tanger-Med avance bien». C’est Saïd El Hadi, président du directoire de TMSA qui l’affirme. C’est ce qui est confirmé lors de la visite, hier mardi, au site de cet important chantier de 15 milliards de DH. Effectivement le taux de réalisation du port est aujourd’hui de 50%.
D’ailleurs, le délai de mise en service est maintenu pour juillet 2007 comme prévu initialement. C’est la date butoir fixée pour le démarrage du premier terminal à conteneur. C’est à cette date également que démarreront les premiers postes pour les «rouliers» destinés à recevoir les ferries et les bateaux transportant des camions.
Rythme soutenu
En outre, les travaux pour la réalisation des infrastructures de base avancent normalement. En réalité, ils avancent plutôt à un rythme soutenu qui fait dire à certains parlementaires de la Commission des infrastructures des deux chambres que «jamais chantier n’a connu une telle avancée». Veut-on pour autant brûler les étapes? Oui, répondent avec beaucoup de fierté les responsables de TMSA. Et ils ont de quoi l’être: les travaux pour la réalisation des ouvrages d’accostage, c’est-à-dire les murs de digues principalement ont été attribués. Un port, ce sont surtout des digues et des quais. Chez TMSA, pourtant, il n’y a pas d’infrastructures qui soient plus prioritaires que d’autres.
Au niveau travaux, il n’y a donc pas de soucis quant au cheminement de la réalisation du port. Le chantier tourne et avance. Un chantier qui est aujourd’hui passé de la phase de promotion internationale à celle d’installation d’un développement durable.
Ceci notamment par l’amélioration de la compétitivité des entreprises nationales en leur permettant de réduire leurs coûts afférents au transport. Et aussi par le développement de l’investissement privé et la création d’emplois.
Dynamiser le développement de la région du nord du Maroc s’inscrit également dans cet axe d’objectifs qui justifient la construction d’un port de cette taille. C’est que «la bataille des ports se gagne sur la terre ferme», comme dit l’adage. Et c’est justement la création d’un pôle économique assez large tout autour de Tanger Med qui en permettra le développement et en amortira les gigantesques investissements engagés dans sa réalisation. Tout le monde en est conscient: la réalisation du port méditerranéen n’est pas un luxe que s’offre le Maroc, mais un chantier dont la finalité première est de permettre à toute la région, et même à celles limitrophes, de s’engager dans une dynamique économique pour un développement durable.
Le chantier en soi ne s’arrêtera pas, dit encore Saïd El Hadi. Il est appelé à durer jusqu’au-delà de 2009. Une manne pour la région. La stratégie retenue par TMSA, c’est de faire de Tanger-Med un formidable hub à conteneurs, un des plus grands et des plus importants de toute la Méditerranée.
Et ce pour toutes les destinations. Les routes maritimes les moins coûteuses demeurant celles de la Méditerranée à travers le canal de Suez, le projet a de quoi s’assurer une rentabilité de première importance.
Tanger-Med est appelé à devenir le point incontournable pour le transit des conteneurs venant d’Amérique latine, d’Amérique du Nord et même d’Europe et destinés au Moyen-Orient et à toute l’Asie.
Investissements
Les pouvoirs publics vont investir pas moins de 15 milliards de DH dans le chantier du port TangerMed. Sur ce montant, 6 milliards sont destinés à la réalisation du port en eaux profondes, 3 milliards à la free zone et 6 milliards pour l’aménagement des infrastructures.
On s’attend aussi à ce que le projet draine quelque 15 milliards d’investissements privés dont 12 dans la seule zone franche et 3 à même l’enceinte du port. On estime les emplois qui seront créés en 15 ans, à quelque 145.000 directs et indirects. Soit donc le tiers des besoins en emplois de toute la région (450.000).
L'Economist