Des cinéastes et critiques du cinéma marocains ont affirmé, mercredi, que la 12-ème édition du Festival international du cinéma méditerranéen de Tétouan, qui a refait surface après une absence en 2003, a redoré le blason du professionnalisme et permis de dépasser l'étape de l'amateurisme.
Dans des déclaration à la MAP, ces cinéastes et critiques, qui participent au Festival du cinéma méditerranéen, organisé du 25 mars au 1er avril, ont estimé que cette édition a suffisamment tiré profit des expériences du passé et réussi à édifier une passerelle pour pouvoir transcender dans l'avenir les lacunes cumulées à l'ère de l'inexpérience.
Aux yeux de Youssef Fadil, écrivain-scénariste, le Festival de Tétouan, qui revêt actuellement une grande importance, est une manifestation très positive et constitue une étape cruciale qui ne peut être dépassée, marginalisée, voire ignorée dans le processus des Festivals du cinéma organisés depuis belle lurette au Maroc, ajoutant qu'il ( le Festival) représente également une opportunité pour les cinéastes et les critiques méditerranéens de se rencontrer, ce qui reflète, a-t-il dit, l'ouverture du cinéma marocain sur de nouveaux horizons.
Fadil, qui participe à cette édition avec le long métrage "Tarfaya-Bab Al Bahr", du réalisateur Daoud Oulad Sayyed et dont il est le scénariste, a souligné que le scénario de ce film avait été inspiré du roman "Haschisch".
L'acteur Abdelkbir Rgagna a, de son côté, indiqué qu'il était difficile pour l'Association des amis du cinéma de Tétouan (ACT) de maintenir cette longue haleine et cette persévérance depuis l'organisation de la première édition du Festival, il y a vingt ans, estimant que l'amour et la passion du cinéma ont été les seuls facteurs ayant favorisé la pérennité du Festival.
L'actuelle édition est un succès à tous les égards aussi bien en ce qui concerne le choix des courts et longs métrages, que des documentaires, a-t-il dit, précisant que le cinéma marocain qui a glané plusieurs importants prix est actuellement en mesure de concurrencer le cinéma mondial, malgré les sources de financement qui demeurent modestes.
Pour Rgagna, la 12ème édition du Festival du cinéma méditerranéen de Tétouan a marqué une transition de l'amateurisme au professionnalisme, émettant le v u de voir la prochaine édition consacrer davantage de professionnalisme, tout en préservant l'esprit "amateur". Il a, dans ce sens, exprimé le souhait de voir se renforcer la communication lors des prochains Festivals, expliquant que cette communication a déjà commencé à donner ses fruits sur les plans national, arabe et international.
Le jeune acteur Mohamed Merouazi a, de son côté, affirmé que le Festival de Tétouan est resté fidèle au 7ème art méditerranéen, malgré l'absence de plusieurs pays due principalement, a-t-il estimé, à la non disponibilité de nouveaux films avec lesquels ils devaient participer ou au rejet des films qu'ils ont proposés. Pourtant, le nombre de films présentés à cette édition demeure trop élevé au point que les spectateurs ne peuvent désormais les voir tous, a-t-il poursuivi.
"Une étape importante"
Merouazi, qui a salué la bonne organisation du Festival par rapport aux précédentes éditions, a, d'autre part, relevé que les courts métrages ont enrichi de manière significative le Festival de Tétouan. Il a également fait état de l'absence de certains réalisateurs, ajoutant que la forte présence des cinéastes arabes et espagnols est rendue possible grâce à la proximité géographique, alors qu'une grande absence des cinéastes européens a été constatée. Ces lacunes doivent être comblées lors des prochaines éditions, a-t-il souhaité.
Evoquant la participation marocaine à cette édition, Merouazi l'a qualifiée d'"excellente et d'honorable", faisant état du soutien des cinéastes de renom aux jeunes talents qui se sont distingués au cours des dernières années.
Il a, d'autre part, expliqué le peu d'affluence du public pendant le Festival par rapport aux éditions précédentes notamment par la non-tenue de l'édition de 2003 et par une communication et une sensibilisation "déficientes".
Laïla Triki, réalisatrice du court métrage "Sang d'encre" a, quant à elle, estimé que le retour du Festival de Tétouan après l'annulation de l'ancienne édition, a constitué une étape importante malgré les difficultés rencontrées, saluant à cette occasion le combat acharné mené par l'Association ACT.
L'actuelle édition est celle du retour, a-t-elle dit, souhaitant que les lacunes qui peuvent l'entacher seraient certainement comblées lors des prochaines éditions. Elle a rappelé que son court métrage, présenté pour la première fois au Maroc, est parmi les trois films qui représentent le Royaume, estimant qu'il s'agit là d'une participation honorable par rapport à celle étrangère.
Le réalisateur Naoufal Berraoui a salué la reprise du Festival de Tétouan, dans la mesure où cet événement de dimension internationale offre l'opportunité de prendre connaissance d'autres cinémas méditerranéens haut de gamme, constitue un champ d'interaction et d'échange des différentes expériences de part et d'autre de la Méditerranée, contribue à la mise sur pied de partenariats susceptibles de promouvoir le cinéma marocain et jette les jalons de communication et de dialogue entre les professionnels du 7ème art.
Pour le réalisateur du "chant des sirènes", programmé dans la série "Panorama longs métrages", il existe de fortes chances pour que des cinéastes marocains remportent des distinctions et des prix, non pas parce qu'ils sont issus du pays organisateur, mais parce qu'ils disposent de grandes capacités de concurrence, a-t-il dit.
Aux yeux du critique du cinéma, Fouad Souiba, le Festival de Tétouan est parmi les événements culturels les plus importants à l'échelle nationale, estimant que le volet culturel est omniprésent dans ce Forum cinématographique méditerranéen.
Le réalisateur du "Dream boy" a souligné que les organisateurs du Festival du cinéma de Tétouan disposent actuellement d'importants moyens au niveau de l'organisation, entre autres, ce qui leur a permis, a-t-il ajouté, de cumuler des expériences fructueuses depuis les années 80 et 90.
S. Rifaï et K. Barka
Menara.ma