Bruxelles a fait, au cours de cette semaine, une offre à Rabat en ce qui concerne l'accord de pêche. La proposition est fondée sur des considérations tant économiques que politiques appelant à la restructuration du secteur de la pêche et la non surexploitation des ressources halieutiques.
La proposition prend également en considération la nécessité de réaliser un partenariat pour renforcer la coopération en le domaine. Les pourparlers devraient débuter la semaine prochaine. Selon le secrétaire général de la pêche, Mohamed Tarmidi, c'est un accord «nouvelle génération», d'une grande dimension qui devrait voir le jour. Il concernerait seulement une centaine de navires au lieu des 500 qui opéraient dans le passé dans les eaux marocaines. Pour l'instant, l'on aspire à ce que l'accord puisse intégrer une vision complète qui tient compte des intérêts des uns et des autres, où le partenariat doit primer sur les intérêts purement catégoriels.
Le nouvel accord de pêche pourrait être signé dans les plus brefs délais et se révéler un point de départ d'un processus global devant se traduire par une synergie des actions de partenariat entre l'Union européenne et le Maroc. L'Union des 25 n'est plus celle des 15. Même les montants des subventions ont été révisés à la baisse pour les pays de la Communauté. Cela implique un investissement réel des Etats membres de l'Union afin qu'il n'y ait pas de détérioration avec la rive sud et ce, sur tous les plans et à tous les niveaux. D'ailleurs, outre l'interdiction de pêcher les céphalopodes et les crustacés, la pêche en mer Méditerranée serait interdite.
Question de reproduction. Car, s'il s'agit d'approvisionner à long terme le marché européen en produits pêche, l'on ne peut se permettre de réaliser une surexploitation des ressources. Actuellement, on ne s'attend pas à ce qu'il y ait beaucoup de divergences lors des négociations à l'exception du volet financier.
Celui-ci ne sera pas envisagé d'un point de vue exclusivement économique.L'on tiendra compte des considérations politiques telles que la nécessité d'entretenir de bonnes relations avec le Maroc.
En tout état de cause, l'axe du développement de la pêche artisanale et la conservation des ressources, prévus dans la convention de Lomé, n'ont généralement pas été respectés et la contrepartie payée par l'UE est généralement bien inférieure à la valeur réelle des ressources exploitées.
Une étude de l'Ifremer, qui a analysé le coût/bénéfice des accords signés par l'Union européenne avec des pays tiers, confirme que chaque euro investi génère 3 euros en retour. Ces accords sont à l'origine de 53.000 postes de travail (directs ou indirects) dont 72% se trouvent en Europe.
En somme, tout en préservant le principe de proportionnalité, l'Union européenne devrait être disposée à accroître la compensation payée pour la pêche pratiquée dans les eaux marocaines. Elle devrait être également disposée à accepter des possibilités de pêche dégressives pour la flotte communautaire de manière à aboutir progressivement à éliminer la pêche des espèces dites sensibles.
Latifa Cherkaoui | LE MATIN