Des ressortissants marocains à l'étranger, lassés d'un long voyage par voie terrestre, se plaignent du non-respect des horaires du départ des bateaux assurant le transit entre Almeria et Beni Ensar à Nador.
Plusieurs familles, de retour au pays, nous ont exprimé, de vive voix, leur grand désappointement à l'instar du témoignage suivant :
Après avoir roulé pendant 20 heures environ et parcouru 1800 km pour prendre le bateau à Almeria, nous avions hâte, nous fait savoir Bouchra.E, de rentrer au pays, de retrouver, comme prévu et tant attendu, les nôtres et nous aspirions à un peu de repos après un périple ennuyeux et crevant. Mais, ajoute Bouchra, grande fut notre déception! «En fait, on nous a appris que le départ du Mistral Express, pourtant le meilleur bateau de la ligne, Almeria - Beni Ensar, sera, pour des raisons techniques, reporté à 19 heures au lieu de 10 heures. 9 heures de retard ! « soupire-t-elle.
Pour tous les passagers de ce mardi 5 juillet 2005, nous fait remarquer cette jeune marocaine, le retard est un fardeau de plus insupportable; un véritable calvaire, précise son père. Cet événement a soulevé de vives indignations parmi les passagers dont les protestations ont fini par contraindre les responsables à raccourcir le retard pour que le bateau prenne le large à 14 heures 30 mn au lieu de 19 heures. Ce témoignage qui nous a été relaté avec beaucoup de désolation entachée d'amertume, n'est qu'un cas, parmi d'autres qui illustrent manifestement l'insatisfaction de nos RME lors de cette opération transit été 2005 à Nador malgré la remarquable amélioration réalisée grâce aux investissements mobilisés et à la conjugaison des efforts déployés par tous les acteurs intervenant dans les différentes composantes de l'enceinte portuaire : ODEP quartier maritime, compagnies de navigation, police, douanes, Fondation Mohammed V, Fondation Hassan II, capitainerie du port, protection civile... Cette découverte est encore accentuée par l'augmentation, démesurée, des prix de billets pour passagers et véhicules ; et c'est pourquoi, nous confie-t-on, nombre de RME renoncent à venir en vacances au pays alors que d'autres préfèrent s'adresser à d'autres compagnies ou emprunter l'avion.
Quel l'impact négatif !
Pour Salah Charkaoui, délégué régional d'une compagnie maritime à Nador, ces retards, intenables, sont non-maîtrisables. Ils résultent, explique-t-il, de facteurs qui dépassent notre volonté et nos capacités arguant en cela les mauvaises conditions climatiques, les problèmes techniques imprévus de dernière minute, le blocage de la rampe, la congestion du port en cette période...
Toutefois, précise-t-il, le problème majeur est la proximité du port de pêche du quai maritime et plus particulièrement du poste A1. A cause de cette contiguïté des deux ports, les divers objets immergés (filets de pêche, câbles, tuyaux...) jetés par le port de pêche altèrent sérieusement l'état mécanique des bateaux d'autant plus que l'opération dragage du bassin du port ne se fait qu'une fois par an.
Ces problèmes résultant de la proximité des deux ports, poursuit M.Charkaoui, sont souvent débattus par le comité de coordination du port mais en vain.
Pour plus d'éclaircissements, nous avons contacté, à plusieurs reprises, la direction d'exploitation des ports - ODEP - de Nador et d'Al Hoceima mais notre demande réitérée n'a pas eu de suite.
De tout cela, nous déduisons que le problème des retards de départs de bateaux revient à la gestion de l'enceinte portuaire mais que le problème est surtout d'ordre structurel : L'étude de l'expansion du quai maritime a été mal conçue ; il fallait édifier un non man's land entre le port de pêche et le poste A1 pour éviter l'impact nocif des divers objets immergés. Faisons donc de l'erreur un facteur critique de progrès. Dans ce contexte, une autorité locale, apprend-on, a suggéré le recours à une équipe de sapeurs-pompiers permanente pour interventions immédiates. Ce recours, peu commode et peu efficace, nous semble-t-il, ne peut être qu'un palliatif éphémère, un colmatage de brèche inefficient. C'est pourquoi la problématique de toute l'enceinte portuaire de Beni Ensar à Nador devrait être, dûment et sciemment, débattue au niveau des directions centrales de l'O.D.E.P et des compagnies de navigation maritime sous l'égide des ministères des Pêches maritimes, de l'Equipement et du transport et même du tourisme puisqu'il y va de la mise à niveau de nos économies régionales et nationales contraintes de s'adapter aux exigences d'un monde en pleine transmutation. En attendant les solutions satisfaisantes, espérons que le comité de coordination du port redoublera d'efforts pour améliorer prestations et performances telles que le souhaitent nos RME.
Hocine Ali