Les étudiants étrangers vont être désormais interdits dans les écoles coraniques (madrassas) pakistanaises et aucun visa ne sera accordé à des étrangers voulant étudier dans ces écoles, a annoncé vendredi le président pakistanais Pervez Musharraf.
"Tous les étrangers devront quitter" les madrassas, a affirmé le général Musharraf devant plusieurs dizaines de journalistes de médias internationaux dans son quartier général de Rawalpindi, près d'Islamabad.
Environ 1.400 étudiants étrangers sont officiellement accueillis dans les quelques 10.000 madrassas du Pakistan, dont certaines ont été accusées de propager l'extrémisme islamiste à la suite des informations sur le séjour au Pakistan d'au moins deux des auteurs des attentats de Londres du 7 juillet.
"Aucun visa ne sera délivré aux étrangers" pour venir étudier dans les madrassas pakistanaises, a ajouté le général en soulignant que ceci concernait également les détenteurs d'une double nationalité.
Cette interdiction des étudiants étrangers doit intervenir dans le cadre d'une vaste réforme du réseau des madrassas, dont la vaste majorité offre essentiellement une éducation de base gratuite en l'absence d'un solide système éducatif public.
"Un décret à cet effet sera adopté dans les prochains jours", a précisé le président Musharraf qui a réaffirmé que les madrassas devraient être toutes enregistrées auprès du ministère de l'Education d'ici la fin de l'année.
Le général Musharraf a également affirmé que la vague d'arrestations lancée le 19 juillet dans les milieux islamistes "se poursuivra".
Quelque 600 personnes ont été arrêtés depuis dix jours, dont la moitié sont des militants de groupes islamistes interdits dans le passé mais qui ont souvent survécu sous des appellations différentes.
"Les arrestations se poursuivront, la réforme des madrassas se poursuivra, l'interdiction des groupes extrémistes se poursuivra, la chasse à la propagande incitant à la violence se poursuivra", a expliqué le général Musharraf en détaillant son "combat contre l'extrémisme".
"Pour le moment, aucun suspect n'a été arrêté" en relation directe avec les attentats de Londres, a noté le général Musharraf.
"L'enquête se poursuit. C'est un travail très laborieux. Il est un peu prématuré de tirer des conclusions", a-t-il ajouté.
Source : AFP